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29 MAI 2017

Actualités

Aire de grand passage : l’Agglomération Seine-Eure doit assumer ses responsabilités

Un aphorisme politique, venu de la nuit des temps, prétend qu’on ne peut en vouloir à un régime de gouverner mal quand il gouverne peu. Cette réflexion de comptoir n’est pas d’une grande puissance. Elle n’est pourtant pas parvenue jusqu’au cortex supérieur de l’agglomération Seine-Eure. En effet, celle-ci, continuant superbement d’ignorer la mesure et la retenue à laquelle son irresponsabilité électorale devrait l’obliger, reproduisant allègrement le contresens démocratique qui vaut à la Commission Européenne son impopularité persistante, entend, chaque jour davantage, régir peu près tout ce qui passe à sa portée. C’est le défaut de toutes les technocraties.

 

Il est des exceptions à cette règle. En effet, placée manifestement, car peu prestigieuse et peu lucrative, au dernier rang des compétences, toujours plus abondantes, que l’Agglomération Seine-Eure se plaît à accumuler – à défaut de les exercer – l’accueil des « gens du voyage », comme le branchement des lampadaires de la Gare de Val-de-Reuil, ne paraît pas passionner l’intercommunalité. Elle avait pourtant tenu à en prendre s la responsabilité au début des années 2000, responsabilité confirmée la loi « NOTRE » le 1er janvier dernier. Qu’importe !

 

Certes, voici une dizaine d’années, quelques « aires » ont bien été installées ici ou là, à Val-de-Reuil, à Pinterville, à Acquigny, pour accueillir de petites communautés locales pratiquement sédentarisée Mais ce n’était traiter qu’un dixième du sujet. Depuis rien de plus n’a été fait alors que l’agglomération devrait équiper et gérer des espaces permanents dédiés à ce qu’on appelle les «  grands passages », ces rassemblements de 100, 200, 300 ou plus caravanes qui, l’été arrivant, se déplacent de commune en commune de l’Ile-de-France vers la Seine-Maritime et le Calvados. On ne peut pas réellement dire que ce phénomène soit inconnu ou inattendu : il a toujours existé… Il n’empêche. Faute d’investissements, d’aménagements pourtant simples et relevant davantage de la décence que de l’excès de dépense, les campements sauvages prolifèrent à nouveau sur notre territoire au grand désespoir des villes ou villages impactés ainsi que des riverains habitant à proximité.

 

Cette situation est scandaleuse. Le schéma départemental d’accueil des gens du voyage, adopté en 2012 sous l’égide du Préfet de l’Eure, suivant l’avis et les recommandations formulés par les représentants des associations de personnes itinérantes, les EPCI et communes concernés, avait expressément prévu la création de deux aires de grand passage supplémentaires dans notre département dont une sur le territoire de la petite trentaine de municipalités que rassemblait alors Seine-Eure. Naturellement c’était à Val-de-Reuil qu’elle fût localisée par les hiérarques intercommunaux de l’époque, les mêmes que ceux qui déménageaient le siège de l’agglomération à Louviers, comme si la Ville Nouvelle n’avait pas assez de difficultés à recevoir les personnes handicapées, les parents âgés, les adultes sans ressources et les familles monoparentales de ses voisins dans son parc locatif social. Pourquoi pas, la solidarité ne se rationne pas.

 

J’ai donc au prix d’un travail long et compliqué fait, moi-même, une trentaine de propositions d’emplacements qui recueillaient l’assentiment des publics concernés. Après d’interminables discussions, un lieu a été identifié et sélectionné, sur la Haute-Crémonville, là où devait initialement être implanté un héliport, aujourd’hui abandonné. Il présente l’avantage de n’occasionner ni gêne ni trouble majeur pour les riverains dont les premières habitations se trouvent à plusieurs centaines de mètres de l’emplacement. Trois aménagements, (eau courante, raccordement électrique, fauchage régulier) étaient requis pour que cette aire de grand passage fonctionne. On est bien loin des budgets auxquels l’Agglomération consent pour construire des patinoires, des centres d’art ou des halles de marché au Vaudreuil ou à Louviers. Cinq années ont passé et le site ne peut toujours pas fonctionner, faute d’une alimentation électrique que l’intercommunalité se refuse à installer.

 

A l’occasion d’une réunion de concertation qui s’est tenue il y a quelques semaines en Préfecture, les services de l’Etat ont rappelé aux collectivités compétentes en matière d’accueil des gens du voyage leurs obligations. L’Agglomération Seine-Eure, malgré les relances, les mécontentements, l’exaspération nés d’une situation qui n’a que trop duré, a une nouvelle fois fuit sa responsabilité, prétextant, la faiblesse de ses ressources. La plaisanterie n’a que trop duré.

 

Comme sur bien des sujets, ayant trait aux services publics de proximité rendus à la population, l’Agglomération n’assume pas ses missions et fait supporter aux autres sa gestion hasardeuse des dossiers, son refus d’exercer ses responsabilités, ses curieuses largesses et sa trop grande mollesse. Ce n’est ni supportable ni acceptable. Pour les communes qui se voient progressivement vidées de leurs compétences, mais dont les responsabilités, en termes de sécurité, de tranquillité et de salubrité, n’ont pas diminué. Pour les riverains et les habitants résidant à proximité des zones occupées illégalement, qui ont à supporter des dépôts d’ordures improvisés, des branchements électriques artisanaux, l’absence d’évacuation des eaux usées, des parkings sauvages. Pour les « personnes itinérantes », ainsi que l’administration baptisent les gens du voyage, dont les droits ne sont pas respectés.

 

C’est ainsi qu’un campement de près de deux cents caravanes, campement parfaitement illégal, s’est installé voici une semaine à Val-de-Reuil, d’abord au Parc Sud, en limite du Vaudreuil, puis sur la Plaine de Jeux, en bordure de Léry, ou sur Pharmaparc II en proximité de nos start-ups, non loin de Louviers. Les habitants de ces trois communes, les responsables des entreprises, comme en chaque circonstance similaire, n’ont pas manqué de m’adresser reproches, protestations et récriminations, dénonçant mon laxisme, alors que mes trois collègues, investis de hautes responsabilités dans la bureaucratie Seine-Eure, n’ont pas levé le petit doigt. J’ai donc, de mon côté, immédiatement interpellé la Préfecture et la Procureure de la République afin qu’une procédure d’exclusion puisse être enclenchée. La Ville de Val-de-Reuil, par la voie d’un référé transmis par huissier, a signifié cette démarche aux intéressés. J’ai rencontré les responsables du camp, car à chaque fois je n’hésite pas à provoquer, sans m’entourer pour cela d’une cohorte de grades du corps, la discussion avec les contrevenants. Je leur ai dit, avec la plus grande fermeté, ma volonté qu’ils s’en aillent. Nous avons reçu dans ce processus l’aide constante de la police nationale et de son commandant. Nous pallions donc aujourd’hui à l’inefficacité et aux absences répétées de l’Agglomération, seule responsable des perturbations que doivent subir nos concitoyens.

 

L’Agglomération, adepte de politiques à géométrie variable selon qu’elles bénéficient telle ou telle population, se cherchait un nouveau slogan pour ses 20 ans. Il semble qu’elle l’ait trouvé : « compétente pour tout, mais responsable de rien ». L’Agglomération, dont la principale mission ne devrait pas de gérer au quotidien nos territoires, de faire à la place des communes ce qu’elles savent faire lieux, plus vite et à moins cher, d’incarner à distance le régalien, mais d’organiser synergies, mutualisations, équilibres, se montre une nouvelle fois défaillante. Par son incapacité à agir, elle entretient le trouble et la confusion sur les responsabilités propres à chaque niveau de collectivité. Par sa négligence et son défaut de compétence, elle déstabilise les communes alors qu’elle devrait être là pour les épauler.

Communiqué de Marc-Antoine JAMET,

Maire de Val-de-Reuil

Président de la Commission des finances de la Région Normandie

19 MAI 2017

Actualités

Bruno Le Maire souffre des mêmes graves maladies que le Président de la République nouveau et le Premier Ministre que celui-ci s‘est récemment trouvé.

L’ancien chargé de l’Europe, puis de l’agriculture, pour le compte de la Maison Nicolas Sarkozy et associés, est intelligent, brillant et, par adoption, mais c’est fréquent, normand. Ce sont trois qualités qu’on ne saurait lui reprocher. Comme les deux autres membres du trio qui, désormais, nous dirige, si on veut bien faire abstraction des Ministres d’Etat qui embarrassent le décor, il aurait pu dans une autre vie vendre des pâtes alimentaires, faire du business et s’enrichir. On considérera donc qu’il a, indissociablement mêlé à une terrible ambition personnelle, le sens de l’Etat, de l’intérêt général et de la chose publique. Bravo ! C’est tout à son honneur. Il maîtrise la parole et l’écrit, module son ton et son style, sait faire effet d’une voix, belle, et d’une plume, classique, qu’il trempe parfois – cela dit – dans la mémoire des autres pour donner un peu d’épaisseur à ses best-sellers. Cultivé et charmant, grand et mince, plus que jeune et beau, il donne de la dignité et du relief aux fonctions qu’il assure. Il est capable d’avoir à la suite deux pensées et trois propositions cohérentes sans être frappé d’une méningite ce qui le signale. Il travaille – beaucoup – et se donne – vraiment – de la peine. On ne ricane guère sur son passage. Il est vrai qu’on ne rit pas non plus. Il a l’humour glacial d’une porte qui grince, d’un volet qui claque. On appellera cela autorité charismatique pour se rassurer. Le bilan est cependant globalement positif. Ajoutons qu’autant il peut être féroce en public, il est le plus courtois et le plus aimable des hommes en privé. Pour un peu, Bruno Le Maire donnerait l’impression de s’être échappé de ce temps où les politiques, ni suppléants, ni attachés, ni apparatchiks, avaient du coffre, de la verve et de l’allure. En tout cas, lui, il en a… Fermez le ban.

Mais on lui reprochera, loin de toute Union Nationale, d’être de droite, viscéralement de droite, indécrottablement de droite, d’en avoir les – mauvais – comportements, les – courtes – idées et les – fausses – valeurs. Il pense que les chômeurs sont des fraudeurs qu’il faut contrôler et contraindre, que leurs indemnités sont si généreuses qu’on doit aussitôt les diviser par deux ou pas dix, qu’ils fréquentent la cellule et l’estaminet pour comploter et manifester plutôt que travailler. Il flaire en le retraité qui n’a pas assez cotisé le profiteur qui argue de son grand âge pour s’en mettre plein les poches. Il a bien compris que les situations les plus odieuses, les plus injustes, sont, dans notre pays, celles de ceux qui payent l’impôt sur la fortune qu’il veut supprimer. Arbitre des élégances intellectuelles, il a dit sans barguigner des horreurs bien peu convenables, bien peu humaines, bien peu chrétiennes (pour reprendre une filiation célèbre qu’il revendique) sur le mariage pour tous. Cela lui valut un peu plus de 2% dans une primaire qui le classa davantage parmi les derniers que les premiers. Il en fût mortifié.

On n’oubliera pas que, jeune diplomate, son attachement fidèle à Juppé lui fit aussitôt servir Villepin, que, directeur de cabinet, son amour exclusif de Villepin le conduisit immédiatement à Sarkozy, que, ministre, sa loyauté absolue pour Sarkozy, lui fit choisir sans attendre Fillon, que, conseiller spécial de Fillon, son désintéressement complet le fait aujourd’hui préférer Macron. On serait en droit de connaître les futurs épisodes de cette bien jolie télé-novella. Le scénario, sans doute déjà écrit, tient en une phrase : « qui a trahit, trahira ». Pour un plat de lentilles de contact. Seul le calendrier est encore à déterminer. Pour l’instant, l’élu qui affirme préférer le pays basque à la Normandie, a bien compris que sa circonscription était menacée. C’est la clef pour comprendre son ralliement. Inconvénient parmi d’autres, elle marginalise à Evreux les « marcheurs » qu’elle renvoie, à Louviers, aux Andelys, à Pont-Audemer, à Bernay, à leur statut de fieffés opportunistes, de dangereux incapables ou de doux rêveurs.

On rappellera enfin que Bruno Le Maire est, dans l’Eure, celui qui, par ses séides, fait fermer les collèges, supprimer les bourses, rationner l’éducation, bref qu’il est notre adversaire. Tout comme Hervé Morin et Sébastien Lecornu, éléments d’un autre attelage avec lequel on ne gagnera jamais le tiercé ! Républicain et démocrate au fond de lui, c’est certain, mais tantôt centriste tantôt extrémiste, il s’est montré dans notre département rude et brutal. Il a égorgé d’une oreille à l’autre les chiraquiens qui lui avaient cadeau de sa circonscription. Il a pris le contrôle de l’UDI locale, prenant en otage ses chefs apeurés. Il a placé un peu partout, à Evreux, à Gisors, à Vernon, au département, à la région, des hommes-lige, de paille et de main qui s’en sont pris à la solidarité et aux associations.

Ce portrait en emprunte au Président et à celui qu’il a commis à Matignon. Quoi qu’il en soit il témoigne qu’un Premier ministre de droite a confié les finances de la Nation à des ministres de droite qui ne rêvent que de mettre en pratique les politiques de droite d’un programme de droite. Quand on est de Gauche, on ne peut donc se féliciter, si ce n’est pour l’intéressé, d’une nomination qui n’amènera rien de bon pour les classes moyennes, les salariés, les fonctionnaires, les ouvriers. Seuls « Les Républicains » pensent l’avoir exclu de leur camp. Ne soyons pas dupes. Logiquement, la désignation à Bercy de Bruno Le Maire, que nous connaissons bien, en mal, ne peut que conduire à voter contre lui et pour les candidats de la Gauche socialiste et écologiste, notamment Laetitia Sanchez qui se présente, afin de le battre, dans la 1ere circonscription de l’Eure.

15 MAI 2017

Actualités

Bonne Chance à Edouard PHILIPPE

 

J’ai rencontré pour la première fois Edouard Philippe, au début des années 1990, alors qu’il était à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, puis à l’ENA, un étudiant remarqué tandis que j’y étais – il me l’a confié – un professeur suivi et un examinateur respecté. Ses idées politiques m’étaient inconnues. En revanche, il ne m’avait pas échappé que, malgré sa jeunesse, il était déjà un esprit brillant, original et rapide. Magistrat à la Cour des comptes, j’ai pu l’observer devenant, grâce à son intelligence et à son talent, un des meilleurs auditeurs au Conseil d’Etat, mettant en pratique l’objectivité vigilante qui doit être le propre de cette institution, démontrant, de ce fait, qu’il possédait les qualités inhérentes à un grand serviteur de l’Etat. J’ai suivi, avec attention et sympathie, connaissant bien cette voie, le travail qu’il a accompli, fidèlement, activement, loyalement, avec son ami Gilles Boyer, au service d’Alain Juppé. Il en a été un collaborateur essentiel que ce soit pour créer l’UMP ou au sommet d’un éphémère Ministère de l’Environnement. Doit-on rappeler que le Maire de Bordeaux est connu, à droite, pour s’entourer des meilleurs éléments de son camp.

Comme Maire de Val-de-Reuil, engagé dans un renouvellement urbain qui, en Normandie, nous est (assez) exclusivement commun, je l’ai vu, dans le prolongement des projets voulus par Antoine Ruffenacht, prendre, à sa suite, la Mairie du Havre et y recueillir une circonscription, faisant ainsi des choix difficiles, des choix courageux, ceux du service des autres, de l’intérêt général et des contraintes qui y sont liées, au détriment d’une vie personnelle paisible et d’une carrière professionnelle prometteuse. En élu de la République, je l’ai vu se battre pour sa commune, son développement, sa population. Durant toutes ces années et jusqu’il y a peu, pour nos collectivités, nous avons, dans des formations différentes et par des raisonnements distincts, souvent partagé des convictions et des combats. Il a affronté le Front National sans la moindre ambiguïté. C’est une chose qui compte à mes yeux.

Edouard Philippe vient de devenir le « premier » Premier ministre du Nouveau Président de la République Emmanuel Macron. Je l’en félicite. Il ne doit cette nomination qu’à ses mérites et à ses qualités. Ils sont grands. J’espère pour notre pays que son mandat sera un mandat gagnant. Il faut être positif et constructif si nous voulons que la France, face à la mondialisation, se répare, se redresse et réussisse. Avec la même passion pour la France, la même humanité souriante, le même humour britannique et la même réflexion solide, le Maire du port du Havre succède au Maire du port de Cherbourg. Même si je regretterai toujours que ce dernier n’ait pu davantage et plus longtemps s’exprimer, je demeure heureux pour notre Normandie de cette succession tempérée.

Sa nomination est un choix audacieux dont on ne voudrait pas cependant qu’il soit hasardeux. Si, sur beaucoup d’idées, il a fait le pari de la modernité, il a pu être, par le passé, pendant les présidences Chirac et Sarkozy notamment, le soutien de mesures économiques et sociales qui étaient tout sauf progressistes. Il a été le partisan de méthodes qui ont pu paraître rudes en matière de retraites, de fiscalité, d’indemnisation du chômage. Il a soutenu Bruno Lemaire et Hervé Morin, nos adversaires départementaux et régionaux.  Il s’est opposé aux réformes que la Gauche proposait avec François Hollande et Bernard Cazeneuve. Plus grave, je ne peux m’empêcher de noter que Edouard Philippe devient le symbole de la grande confusion, du grand désordre, du grand flou qui président aux destinées de notre pays, puisque, désormais, est maintenant associé à l’ancien Ministre de l’économie d’une majorité socialiste, devenu hier chef de l’Etat, un toujours député des Républicains, un « homme de droite » qui devient aujourd’hui chef du Gouvernement. C’est en découvrant les ministres qu’il nommera, le programme qu’il suivra, l’assemblée nationale qui le soutiendra que l’on saura de quel côté du mur la France tombera. Au-delà de l’estime qu’on peut avoir pour le nouveau Premier ministre, il faut lui rappeler une réalité – la droite et la Gauche ne sont pas identiques, loin s’en faut -, et souhaiter une clarification par l’élection, partout en Normandie, de parlementaires socialistes seuls à même sans glisser vers le radicalisme stérile de la Gauche extrême, sans approuver les remèdes de cheval de la droite éternelle, d’être fidèles à nos valeurs et à nos idées : la justice sociale, la laïcité, l’égalité des chances et la solidarité. Bonne Chance à Edouard Philippe. Pour « l’aider » votons tous à Gauche.

Communiqué de Marc-Antoine JAMET

Premier secrétaire de la Fédération de l’Eure du Parti Socialiste

7 MAI 2017

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A VAL DE REUIL, TROIS POINTS NOTABLES : UNE PARTICIPATION INHABITUELLEMENT SATISFAISANTE, UN RASSEMBLEMENT DES DEMOCRATES PLUS LARGEMENT MAJORITAIRE QUE DANS LE DEPARTEMENT, UN FRONT NATIONAL ARRÊTÉ PLUS FERMEMENT QUE DANS LE RESTE DE L’AGGLOMÉRATION SEINE-EURE

 

 A VAL DE REUIL, TROIS POINTS NOTABLES :  

UNE PARTICIPATION INHABITUELLEMENT SATISFAISANTE,  

UN RASSEMBLEMENT DES DEMOCRATES PLUS LARGEMENT MAJORITAIRE QUE DANS LE DEPARTEMENT,  

UN FRONT NATIONAL ARRÊTÉ PLUS FERMEMENT QUE DANS LE RESTE DE L’AGGLOMÉRATION SEINE-EURE

 

Il y a ce soir, à l’observation des résultats du second tour de l’élection présidentielle à Val-de-Reuil, cinq points à souligner.

1)   Un léger recul de la participation par rapport au premier tour de l’élection présidentielle est observé. Cette tendance est toutefois, en proportions, moins importante que celle constatée au niveau national, même si elle renforce localement une abstention structurellement forte. 62% des électeurs de la commune, contre 65% au premier tour, se sont déplacés pour départager Emmanuel Macron et la candidate du Front National, soit un peu plus de 4700 votants sur près de 8000 inscrits. La mobilisation est plus importante qu’en 2002, mais en retrait par rapport aux scrutins présidentiels de 2007 et de 2012. Elle reste insuffisante en valeur absolue, mais manifeste une vigueur citoyenne inhabituelle.

2)   Si les 31% de voix qui, à Val-de-Reuil, se sont portées le 23 avril 2017 sur le représentant des Insoumis ne semblent ne pas avoir manqué à Emmanuel Macron, la réalité est plus complexe. Certes l’abstention ne s’est pas creusée au second tour en dépit des consignes floues de Jean-Luc Mélenchon. De nouveaux électeurs se sont même présentés dans chacune des six bureaux rolivalois tout au long de la journée comme en témoignent les feuilles d’émargement. L’important travail municipal réalisé dans l’entre-deux tours en direction des abstentionnistes (porte-à-porte notamment), plus ponctuellement le rassemblement réussi organisé à son initiative autour du Premier ministre Bernard Cazeneuve avec près de 1000 participants ; ont montré à cet égard leur efficacité. Mais on doit déplorer que l’incitation au vote blanc et nul, prôné par certaines forces de Gauche et certaines personnalités de droite, ait permis de quadrupler leur nombre passant pour les premiers de 91 à 372, pour les seconds de 41 à 125. Cette évasion d’un certain nombre d’électeurs hors des limites républicaines a contribué, avec l’équivalent de 10% des exprimés, à gonfler le résultat atteint par le FN dans la Ville Nouvelle.

3)   Le rassemblement des républicains, des démocrates et des progressistes, attendu au soir du premier tour, s’est très clairement manifesté dans les urnes rolivaloises. Emmanuel Macron, nouveau Président de la République élu ce 7 mai, est très largement en tête dans les six bureaux de vote que compte la commune et obtient près de 64% des suffrages exprimés, score qui n’est pas éloigné de son score national. Près de 2700 Rolivaloises et Rolivalois ont fait ce choix. C’est un point particulièrement marquant. Ce mouvement était indispensable à la cohésion de notre collectivité pour son avenir, comme pour les prochaines échéances électorales, notamment pour les municipales.

4)   Le résultat réalisé par Front National est, à Val-de-Reuil singulièrement plus qu’ailleurs, un échec très important. La formation de Marine Le Pen reste au niveau de 37% des voix exprimées. C’est un seuil inférieur à ce qu’elle obtient dans nombre de localités de l’agglomération Seine-Eure où elle frôle parfois les 50% et à ce dont elle bénéficie sur le département puisqu’elle y remporterait 45% des suffrages. Val-de-Reuil résiste donc beaucoup mieux à l’extrémisme que d’habitude. Le FN n’y progresse d’ailleurs que de 7 points par rapport au premier tour, quand il augmente partout ailleurs de 10 à 15. Indicateur révélateur, en nombre d’électeurs, l’alliance du FN et de DLF parvient à un total, à quelques dizaines de suffrages près, égal à celui du premier tour, soit 1571 voix. Extrême droite et droite extrême unies ne progressent pas d’un pouce.

5)   Il faut noter toutefois que le FN réalise son score le plus haut dans les bureaux de vote installés dans les écoles Léon Blum et Louise Michel, au cœur des quartiers qui n’ont pas encore été touchés par les réalisations de l’ANRU comme ceux du Mail et du Parc, ainsi que voie de l’Epargne. C’est un des résultats du manque de maintenance et d’entretien du bailleur social Eure Habitat sur les maisons et appartements qu’il possède dans cette partie de la Ville où il est très implanté. Le nouveau plan de renouvellement urbain sera donc prioritairement dédié à ces espaces et la Ville veillera naturellement à ce qu’il soit mis en œuvre dans les meilleurs délais. Plus généralement, l’échec de la candidate du Front National à Val-de-Reuil est à mettre au crédit de la proximité, de l’efficacité et de la disponibilité dont fait preuve la municipalité dans son travail quotidien. Ne conservons qu’un élément à l’esprit : le coup d’arrêt et le recul par rapport aux élections européennes qui avait été esquissé le 23 avril, est confirmé ce dimanche pour le FN.

Dès la prise de fonction du nouveau Président de la République, la municipalité se tournera vers ses équipes et lui-même pour plaider l’accélération des projets municipaux essentiels à l’amélioration du quotidien des 15.000 rolivalois. Renouvellement urbain, emploi, éducation, environnement, logement, sécurité, développement du commerce et des services publics seront parmi les premiers sujets sur lesquels l’appui du Président de la République sera sollicité.

7 MAI 2017

Actualités

Les qualités du Nouveau Président de la République effaceront-elles les défauts d’Emmanuel Macron ?

Communiqué de Marc-Antoine JAMET,

Premier secrétaire de la Fédération de l’Eure du Parti Socialiste

Les qualités du Nouveau Président de la République effaceront-elles les défauts d’Emmanuel Macron ?

Pour la Fédération du Parti Socialiste de l’Eure, le résultat du second tour de l’élection présidentielle  emporte avec lui plusieurs enseignements.

Le premier, le plus rassurant pour la République, est la relative faiblesse de l’abstention par rapport à ce que certaines prévisions avaient laissé entendre. Elle reste nationalement à un niveau encore très proche de celle observée il y a quinze jours. Les consignes ambigües et, somme toute, irresponsables données par certains candidas n’ont fort heureusement été suivies que de peu d’effets, même s’il faut déplorer la multiplicité des votes blancs et nuls qui, d’une certaine façon, permettent ce soir la surreprésentation de l’extrême droite. Au contraire, de nouveaux électeurs, absents, lors du premier tour, sont venus conforter le camp de la démocratie et faire barrage au Front National. Ils ont été l’élan vital de la France pour échapper au populisme.

Le second point satisfaisant de la soirée est le score, nettement plus bas qu’elle ne l’espérait, enregistré par Marine Le Pen au plan national. On peut y voir la conséquence du comportement calamiteux de la Présidente du Front National lors du débat d’entre deux tours, mais cela tient également à la mobilisation concrète des républicains en de nombreux points de l’hexagone à l’image de celle qui s’est faite autour du Premier Ministre Bernard Cazeneuve à Val-de-Reuil jeudi dernier. Mais ce constat positif ne se vérifie pas hélas dans l’ensemble de notre département. Loin de là. On mesure à quel point l’Eure est malade, gouvernée qu’elle est par des majorités de droite dans la plupart de ses villes, au conseil départemental et à la région Normandie. Les résultats qu’y recueille le FN (près de 45%) et les pointes qu’il peut atteindre dans certaines communes où il frôle ou dépasse les 50% sont alarmants.

Un troisième point ne peut être passé sous silence. La Gauche de Gouvernement, singulièrement le Parti Socialiste qui animait pourtant la majorité sortante, est absente de ce second tour et, comme en 2002, s’en est remis à un candidat qui n’était pas issu des ses rangs pour faire obstacle à l’extrême droite. C’est un grave échec qui doit amener, sans attendre et dès les prochaines échéances électorales, un ressaisissement, un redressement et une refondation si les formations traditionnelles de la Gauche ne veulent pas définitivement disparaître, dépérir ou se marginaliser.

Au-delà de ces éléments de fond, les socialistes de l’Eure veulent saluer la victoire du nouveau Président de la République qui l’emporte ce soir avec plus de 9 millions de voix d’avance. Il faut souhaiter qu’il soit le Président de tous les Français. Il faut espérer pour notre pays qu’il réussisse. Il est impossible de ne pas voir l’intelligence et la fulgurance de la trajectoire d’Emmanuel Macron, l’audace qu’il a mis dans sa conquête du pouvoir, la jeunesse et la modernité de ses idées. Autant d’atouts, autant de dangers. Tout dépendra de lui, de ses premiers gestes, de ses premières décisions. Nous observerons donc le choix de son Premier Ministre, la composition de son Gouvernement, la majorité qu’il ambitionne avec la plus grande vigilance. Ces gestes indiqueront sa véritable orientation politique. Il faudra également prêter la plus grande attention aux éléments de son programme économique. Sur le calcul des retraites, l’indemnisation du chômage et la fiscalité, comme sur beaucoup d’autres dossiers, il devra infléchir ses positions et revoir ses propositions s’il ne veut pas sombrer dans le libéralisme le plus austère, le plus stérile. Schroeder oui, Thatcher non. Renzi certainement. Merkel pas vraiment. May pas un instant.

Nous avons évidemment une pensée émue et chaleureuse pour François Hollande qui fût un grand chef de l’Etat et a su diriger, faire avancer, moderniser notre pays au milieu des épreuves les plus dures. L’Histoire lui rendra justice. Il est clair que la République devra lui permettre de s’exprimer et de jouer tout son rôle dans les années qui viennent.

Nous, socialistes eurois, derrière nos candidats Richard Jacquet, Martine Séguéla, Marie-Claire Haki, Laetitia Sanchez, sommes désormais tournés vers l’avenir, c’est-à-dire vers les législatives. Justice sociale et égalité des chances ne sont pas dépassées. Il demeure une Gauche et une droite. Le camp du mouvement hier divisé, aujourd’hui éliminé, doit demain savoir se rassembler. Des discussions ont été ouvertes, dans l’Eure, avec nos amis écologistes et nos alliés communistes. Elles doivent se poursuivre et trouver une issue positive.

Le mouvement En Marche, parfois arrogant, souvent débutant, doit trouver un équilibre dans ses attitudes et ses prises de position. En aucun cas des candidats parachutés, hors sol ou même rejetés par les autres partis ne peuvent prétendre représenter les habitants de notre département mieux que des élus de terrain, enracinés, clairs dans leurs choix, connus de tous. Sans cela nous subirons dans l’Eure le joug du Front National et laisserons les cinq circonscriptions de l’Eure à ces candidats, souvent mis en examen, racistes et incompétents, comme Nicolas Bay, ancien disciple de Bruno Mégret, qui multiplient les provocations à l’encontre des idées et des valeurs qui sont le socle de notre pays et son message universel.

Cependant, c’est la dernière fois que nous échappons au plus haut niveau de nos institutions au Front National. Derrière Marine se dresse l’ombre de Marion. Il s’agit du même système aberrant en pire. Il est donc essentiel de ne pas oublier la leçon des urnes. Notre pays souffre. Il est rongé par l’extrême pauvreté d’une partie de plus en plus importante de la population, les angoisses collectives et la perte des repères traditionnels, ainsi que par la précarité et le désespoir qui, en milieu rural, comme en milieu urbain, ont poussé des millions de personnes vers l’extrémisme. Crise, chômage et terrorisme sont devenus insupportables. Il faut à la France retrouver l’emploi, la sécurité et la prospérité, les trois allant ensemble, pour tourner définitivement le dos à la violence politique, sociale et idéologique. C’est la feuille de route qu’ont tracée aujourd’hui les Français à Emmanuel Macron. Sa première déclaration a été de ce point de vue peu convaincante. Il devra pourtant être à la hauteur de ces enjeux. L’avenir dira s’il en est capable.

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