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26 AOUT 2017

Actualités

Ceci est notre Théâtre : venez et aimez le tous ! Le 5 octobre prochain y sera dévoilé la programmation de sa nouvelle saison. Je vous y attends (très) nombreux.

Il est des salles qui ne ressembleront jamais à un théâtre. Jamais. On aura beau y installer des projecteurs, des fauteuils et une scène, cela ne changera rien. Qu’importe que pour donner le change, du mieux que l’on peut, on y déchire des tickets à l’entrée, on y vende des programmes à l’entracte. Ces efforts resteront vains. On tentera bien de cacher ces boites à chaussures sous des plafonds de stuc, derrière des façades de marbre. Les applaudissements battront toujours creux, les rappels sonneront toujours faux. On trouve plus souvent de la lessive que du talent dans les grands barils d’hypermarché. Quand bien même s’évertuera-t-on en fermant les yeux, en serrant les lèvres, à imaginer que, après la sonnerie, les lustres s’éteignent, le brigadier frappe les trois coups et le rideau se lève, la magie ne prendra pas. Comment sous des néons blafards convoquer la joie, la peine et l’indéfinissable ? Cosmétique et playback ont leurs limites. La fête ne se décrète pas. C’est atroce, c’est injuste, mais pas un instant, ces espaces polyvalents, ces forums faits pour tout, faits pour rien, ne se rapprocheront du Français, du Piccolo, de l’Old Vic, de la Taganka. Pas plus qu’ils ne rattraperont d’un millimètre le Bolchoï, la Scala ou le Lincoln Theater. Ce n’est pas une question de scène à l’italienne. On ne rit pas dans un bunker. On rêve mal dans un cimetière. La médiocrité, la laideur ne pardonnent pas. Malraux l’avait dit en des termes gaulliens : il faut à la culture des palais, des places et des cathédrales. Voilà tout. Melpomène, Thalie et Terpsichore, Calliope, Euterpe et Erato, pour être un peu âgées, ne sont pas si gourdes qu’elles se laissent berner par un décor en carton pâte. Des voix s’y feront peut-être entendre, puissantes et payées, avec le ton que l’on aimerait, les mots que l’on pense attendre, les visages que l’on connaît par la télé. Cela ne suffira pas. « Commediante, tragediante », le manque d’authenticité pue à des kilomètres à la ronde. N’est pas Epidaure qui veut ! La messe est dite. Pas de passion. Pas de petite flamme. Je le répète : ce ne seront jamais des théâtres.

L’Arsenal, lui, est un théâtre. Un vrai. Un beau. Un tatoué. Il l’est en rouge et en noir. En verre, en bois et en acier. Il l’est par sa silhouette courbe et trapue. Il a du muscle et du cerveau. Il l’est par la pente de ses gradins que, de rang en rang, les répliques escaladent quittant l’approbation de l’orchestre pour défier la contestation du balcon. Il l’est par la procession des spectateurs qui, remontant l’avenue des Falaises, s’y dirigent dans l’obscurité qui vient. Comme vers un mystère. Il l’est par le sort qu’il fait aux acteurs accueillis pour un soir comme s’ils étaient de toute éternité membre de la grande famille rolivaloise. Il l’est quand on s’assoit, côté pair ou impair, impatient sans savoir de quoi, persuadé que, de toutes façons, quelque chose se produira, quelque chose de bien et de beau, quelque chose qui nous changera et, insensiblement, nous améliorera. Il l’est par la profondeur de sa scène, la largeur de son plateau, la hauteur de ses cintres, ses justes proportions que l’architecte éclairé d’un nombre d’or subtilement calcula. Il l’est parce que, repère au dehors, repaire en dedans, il enrichit la Ville. Avec douceur, avec amour, il la change. Il l’est par la rumeur, bienveillante, intelligente, rassurante par laquelle la salle vous accueille avant que cela commence. Il l’est par le rire des enfants. Il l’est parce qu’on en franchit la porte sans crainte pour une première fois. Il l’est par ceux qui le dirigent, les deux à la fois, les deux en même temps, le chorégraphe et le metteur-en-scène, ces deux qui vivent leur art et le partagent généreusement. Il l’est par la surprise et l’inattendu. Il l’est par le verre de vin pris au bar, la bouche embrassée et les amis retrouvés. Il l’est par ses murs si jeunes et qui, pourtant, depuis longtemps déjà, ont respiré Brecht et Koltès, Carolyn Carlsson, Beau Geste et Maguy Marin, Racine, puis Tchekov, Caubère et Molière certainement, Homère et Shakespeare évidemment. Il donne du corps au ballet et laisse humaine la comédie. L’Arsenal est un théâtre. Un beau théâtre, c’est l’évidence. Un vrai théâtre, c’est l’important.

Marc-Antoine Jamet

Maire de Val-de-Reuil

Président de la commission des finances de la Région Normandie

21 JUIL 2017

Actualités

Que celui qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre (d’or) !

Le « dégagisme », idéologie à la mode chez ceux qui n’en ont pas, continuerait-il d’accomplir ses ravages ? « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». A ce Moloch, adepte du nettoyage par le vide, il faut chaque jour manifestement de nouvelles victimes. Après les prétendants à la Maison Blanche et la politique hexagonale, le monde de l’immobilier, notre monde donc, a semblé succomber à son tour à cette maladie de l’époque.

La scène se passe à Paris au début de l’été. On n’en dévoilera que les deux principaux protagonistes. Philippe Pelletier et Pascal Bonnefille, puisque ce sont eux, ont choisi d’inviter une vingtaine de professionnels, amis convaincus d’Immoweek, de ses pompes et de ses œuvres pour évoquer en petit comité le vingtième anniversaire des « Pierres d’Or ». Il s’agit pas tant, questions existentielles, de s’accorder sur le menu, les centres de table et le dress code de la soirée de Gala qui, à l’Opéra de Paris, en janvier 2018, marquera l’événement que de réfléchir collectivement, si tant est que cela soit possible, à l’avenir d’une cérémonie que, certes, les « Molière » et les « César » nous envient, mais dont la mise-en-scène n’a pas fondamentalement évolué depuis l’âge des cavernes. Je résume : la tribu reconnaissante récompense les plus forts, les plus malins, les plus costauds. Sous vos applaudissements… !

Effet de leur prudence habituelle, de leur expérience séculaire, nos deux sybarites ont veillé à se prémunir de tout débordement. La recette est simple. Pour éviter les dérapages, les aigreurs, les revendications, soignez le confort et les estomacs des participants. Ainsi le cadre de cette discussion n’est-il rien moins que leurs bureaux du « Cercle », thébaïde nichée, entre Palais-Bourbon, pour l’action, et La Madeleine, pour la méditation, au sommet d’un immeuble cossu de la rue Royale. Le café est chaud. Les nappes sont blanches. On sert aux plus affamés jus de fruits et viennoiseries. La canicule autorise même à tomber la veste. Même l’atmosphère que l’on respire est sous contrôle. Pour un peu on se croirait en vacances ou en journées de formation ce qui est à peu près équivalent. Qu’on se le dise : tout est réuni pour que la discussion se révèle, si ce n’est sérieuse, du moins fructueuse. Mais un caillou suffit parfois à faire dérailler les mécaniques les mieux huilées.

Autour de la table, l’un d’entre nous parmi les plus jeunes prend la parole. Certainement convié par mégarde à se symposium, il murmure effrayé de sa propre audace : « moi, je trouve que, les pierres d’or, ce sont toujours les mêmes qui les ont… ». Une exhorte à la laïcité en plein Vatican ne produirait pas pareil effet. Le silence tombe. Pesant. Profitant de la stupéfaction qui saisit l’assistance, l’audacieux soutenu par quelques camarades de sa génération, poursuit. Il en a assez de la dictature des gros, des gras, des grands, des puissants. Les mots de justice sociale et d’égalité des chances ne sont pas prononcés, mais on en n’est pas loin. C’est la révolution culturelle dans les m2. Dans peu de temps, la tête des patrons de foncières se promènera au bout d’une pique.

L’orateur, véritable Saint-Just, propose, pour remédier à une situation qu’il ne supporte plus, quelques réformes simples. Impossibilité d’obtenir un trophée dans une catégorie quand on est déjà nominé dans une autre. Interdiction de concourir quand on a déjà été primé l’année précédente. Limitation du nombre global des récompenses attribuées à une seule personne. Contingentement des voix des professionnels d’une même société afin d’éviter les votes groupés. Insulte mon grand âge, malgré mon ouïe devenue incertaine, je crois entendre qu’une date de naissance remontant au mitan du siècle précédent pourra être considérée comme un critère écartant toute nomination. La « Promotion Insoumise » ne propose pas de rebaptiser le trophée « les cailloux de calcaire », mais on n’en est pas loin.

Qu’on ne se méprenne pas. Moi aussi je trouve que le technologique, le numérique et l’écologique, malgré nos progrès accomplis, pourraient avoir une place plus importante dans nos choix. Moi aussi, je pense que les femmes, et notre profession en compte des dizaines dont le talent est exceptionnel, n’ont pas la place qui leur est due – la moitié au moins – dans nos palmarès d’un soir et parfois, dans nos jurys de l’année. Moi aussi, je crois que notre confrérie doit se renouveler et, en homme européen, de 60 ans, classiquement diplômé, je sais que d’autres profils font la réalité de notre pays.

Mais cela ne se fera pas par des règlements d’apothicaires ou des préconisations mieux adaptées à l’élection d’une rosière qu’à l’avènement de la démocratie immobilière. Non seulement je crois peu aux quotas et davantage à la raison, à la conscience et au bon sens, mais je soutiens qu’il m’aurait paru ubuesque de s’interdire de saluer le travail de Guillaume Poitrinal au prétexte que nous l’avions déjà fait, qu’il serait absurde de ne pas considérer ce que Unibail ou BNP Real Estate ont apporté à notre secteur, parce que l’agence immobilière indépendante de Val-de-Reuil (Eure), elle aussi, fait du bon travail, qu’il serait idiot de s’empêcher de saluer un projet ou une réalisation au prétexte que son financeur, son concepteur, son utilisateur ou son promoteur ont déjà été reconnus, qu’il serait nuisible de ne pas décerner à quelqu’un qui le mérite un titre dans une catégorie et – en même temps – un autre titre dans une autre s’il le mérite également car on peut être, par exemple, le meilleur « utilisateur » d’un immeuble mais aussi celui qui a su le mieux l’aménager ou en économiser l’énergie. Notre objectif est bien de distinguer les meilleurs. Pas de nous livrer à une redistribution artificielle des succès et des notoriétés.

Alors oui, comme toute chose, pour grandir sans vieillir, les Pierres d’Or doivent sans doute se transformer, de moderniser, évoluer. Mais non, ce n’est pas en ayant recours à la bien-pensance universelle, par une inondation de bons sentiments, que nos trophées évolueront, mais par les valeurs dont ils seront porteurs : l’excellence, l’exemplarité, l’exceptionnel. Et cela ne dépend pas d’un règlement dont la précision conduirait à l’immobilisme, mais de la force, de l’originalité, de la sincérité de nos votes. Je crois que je viens de m’interdire à jamais de recevoir une troisième pierre d’or. Tant pis, c’est dit. Tant mieux, il fallait que je le dise.

Marc-Antoine JAMET, Secrétaire Général et Directeur Immobilier du Groupe LVMH/Moët Hennessy – Louis Vuitton.

22 JUIN 2017

Actualités

J’intervenais aujourd’hui lors de la 2ème cérémonie de remise des Cosmetic Victories

Discours de M. Marc-Antoine JAMET

Président du pôle de compétitivité Cosmetic Valley

Cérémonie de remise des Cosmetic Victories

Jeudi 22 juin 2017 à midi

Auditorium de LVMH – 22, avenue Montaigne – 75008 Paris

Chers amis,

Je voudrais remercier avant tout le Président du Groupe LVMH, Bernard Arnault, d’avoir accepté de nous recevoir au 22 Montaigne, ce qui était logique, cohérent, presque obligatoire, puisqu’il avait accepté, voici 6 ans, déjà que LVMH, leader mondial du luxe, préside la Cosmetic Valley ce dont nous lui sommes reconnaissants. Nous voici donc à l’ombre et au frais, dans l’ancien grand studio de France 2, qui abritait jadis l’Heure de Vérité et Stade 2, émissions qui forment un bon résumé de ce marathon, de cette course d’obstacles, de ce steeple-chase que les candidats ont dû subir avant que notre jury les auditionne ce matin.

Je veux remercier également Jean-Luc Ansel, père-fondateur de la Cosmetic Valley avec Jean-Paul Guerlain que Olivier Echaudemaison, notre make-up wizard, connait bien. En parvenant à convaincre de les rejoindre Jean-Michel Blanquer, alors patron de l’Essec, depuis parti sous des cieux plus gouvernementaux, ils ont puisé dans leur imagination, énergie chez eux éternellement renouvelable, et dans leur portefeuille, avant même toute réforme fiscale ce qui est intrépide, pour créer et doter les Cosmetic Victories.

Ces prix sont une manière de donner plus de visibilité à la Cosmetic Valley. C’est elle qui nous réunit ce matin. On me demande de vous la décrire. Je ne vous ferai pas l’injure de penser que vous ne la connaissez pas. Je vous en rappellerai simplement les caractéristiques essentielles.

Elle est un pôle de compétitivité particulièrement performant qui allie des grands groupes, des PME, des TPE, pratique le décloisonnement productif en alliant des laboratoires privés ou publics dans ce qu’on appellerait un « tissu industriel à l’allemande », si nous fabriquions des voitures, des trains, des avions, des fusées et non des crèmes ou des parfums, bref si on ne nous accusait pas du crime de superficialité au prétexte qu’il n’y a pas d’acier dans ce que nous fabriquons.

Pourtant, en emmenant des entreprises à la conquête de l’international, en formant leurs cadres et leurs chercheurs, en multipliant les projets industriels, en mutualisant, en échangeant, en regroupant, ensemble, nous sommes devenus plus forts, plus puissants, plus entreprenants, offrant à notre pays une place de leader mondial et son second excèdent commercial.

Mais ne nous endormons pas sur ces lauriers à peine coupés. L’histoire la plus récente montre que les dinosaures, les mammouths, les mastodontes sont, dans la vie politique ou dans la vie économique, toujours menacés d’extinctions, s’ils ne sont pas agiles, habiles, mobiles. Alors nous avons essayé de nous faire légers, virevoltants et disruptifs. Il le fallait !

En effet, nous ne sommes pas dans notre secteur le plus gros marché. Ce sont la Chine ou les Etats-Unis. Nous n’avons pas la plus grosse force de frappe industrielle. Nous n’avons pas les coûts salariaux les plus bas. Nous sommes entourés de concurrents anciens, japonais ou américains, proches, à Barcelone, Londres, Crémone et Hambourg, plus récents à Séoul ou Taïwan. Rien ne nous a été donné. Rien ne nous est acquis.

Aussi avons-nous décidé de faire notre révolution culturelle et de nous transformer, de nous métamorphoser autour de la marque France, du « Made in France », en nous appuyant sur les quatre piliers qui font sa qualité, sa notoriété, sa renommée, les quatre colonnes sur lesquelles s’est construit notre succès : la sécurité absolue des produits, la protection parfaite de l’environnement, l’authenticité de nos recettes, de nos méthodes et de nos ingrédients qu’ils aillent puiser dans les molécules artificielles de Firmenich comme dans la cosmétopée des Iles Marquises, et l’innovation qui est notre fer de lance, notre étendard. Elle est notre plus-value intellectuelle. Elle est notre valeur ajoutée civilisationnelle. Elle est notre avantage comparatif dans la mondialisation.

Pour cela, nous avons conçu un plan en quatre temps :

  1. Redonner à la France une vitrine internationale à Paris, brillante et observée, autour du thème de la modernité. Inauguré par Emmanuel Macron en 2015, à qui il semble que cela a porté chance récemment, par Xavier Niel en 2016, c’est désormais chose faite avec notre salon « Cosmetics 360 ». Cet évènement réunira donc en octobre prochain, au Carrousel du Louvre, avec des espaces d’Open Innovation et de co-working dédiés aux jeunes pouces qui pourront pitcher, plusieurs centaines d’exposants et une cinquantaine de pays, pour sa 3ème édition.

  1. De manière volontariste, nous avons décidé que 10% des 150 projets industriels que nous menons actuellement pour 300 millions d’Euros seront numériques, électroniques et digitaux qu’il s’agisse de big data, de didacticiels, d’objets connectés, d’asservissements pour ordinateurs.

  1. Nous avons aussi décidé d’attirer à nous les start-ups, en créant la plate-forme Cosmet-up pour les soutenir, en montant un incubateur à Chartres et en plaçant nos poulains sous l’ombrelle de LVMH à Vivatech pour participer à cette « Nation de Start-ups» qu’appelle de ses vœux le Président de la République. Nous avons aujourd’hui parmi nous un fleuron de ces petites merveilles que nous avons présentées à Bernard Arnault jeudi dernier et qui va enchanter Claude Martinez, le président de Parfums et Cosmétiques Dior qui nous fait l’amitié et l’honneur d’être avec nous. Il s’agit de Ink & Out, fondé par Benjamin de Blanzy qui a inventé un vernis qui change durablement de couleur lorsqu’on passe ses doigts sous l’eau froide ou chaude.

  1. Enfin nous avons décidé de nous mobiliser, de prendre de votre temps et de vous réunir ce matin, en créant les « Cosmetic Victories» et en attribuant deux prix à des innovations, à des avancées de la connaissance, l’un industriel et grand public, l’autre scientifique et académique, afin de les populariser comme nous l’avons fait, l’année dernière, avec le masque connecté MAPO.

Pour cela nous avons réuni un jury d’exception par son ouverture et sa compétence.

– Avec des professionnels et je veux saluer mon amie Natalie Bader la présidente de Clarins, François Demachy le nez de Dior que je revois encore cueillant quelques herbes le long d’un chemin à Grasse, Simon Dufeigneux de Sisley.

– Avec des experts incontestables comme Bruno Bavouzet, président de LVMH Recherche et Patrice Bellon, président de la Société Française de Cosmétologie auxquels rien de ce qui fait la chimie des parfums, l’alchimie devrait-on dire, n’est étranger.

– Avec nos grands partenaires du CNRS représenté par sa directrice de l’innovation Marie-Pierre Comets et la BPI représentée par sa directrice des partenariats, Laure Reinhart qui nous apportent sérieux et rigueur.

– Avec les garants et fondateurs de ce prix : l’Essec, dont Julien Morel portera la voix, et la Cosmetic Valley incarnée par son fondateur Jean-Luc Ansel.

Enfin, il nous fallait une personnalité qualifiée, un grand témoin, un œil extérieur. Qui aurait pu mieux jouer ce rôle que Axelle Tessandier qui donne ses avis, ses conseils au chef de l’Etat en matière de transition numérique et, après avoir passé cinq ans aux Etats-Unis, a ouvert une agence, AXL, pour en faire profiter les entrepreneurs français ?

Nous voilà désormais au pied du mur. Nous avons reçu plusieurs centaines de dossiers venus du monde entier, onguents américains, packaging allemand, antioxydants tchèques, collagène Taiwanais. Nous en avons instruits 60, grâce à un comité de sélection de très haut niveau. Nous en avons auditionné 6. Il y aura ce matin deux lauréats pour deux prix. C’est la loi cruelle des concours. Dura lex, sed lex !

Je suis impatient de les voir récompensés, mais je ne veux pas conclure, après avoir remercié mes équipes du secrétariat général, celles de la direction de la communication de LVMH et les jeunes collaborateurs de la Cosmetic Valley, sans tirer mon chapeau aux chercheurs, aux doctorants, aux entrepreneurs, à tous les talents qui forment l’éco-système de la « Beauty Tech », à vous tous qui présidez aux noces de la cosmétique et du digital, et qui offrent à nos produits de salle de bain et de sacs à main un avenir subtil, prospère et technologique dans le monde de la personnalisation, de la sophistication et de l’hyper innovation.

 

 

 

 

19 JUIN 2017

Actualités

La majorité la plus mal élue de la Vème République

Le second tour des élections législatives ne pouvait que confirmer la tendance observée dimanche dernier. Il a donc assuré au nouveau Président de la République une majorité dont le caractère inédit relève autant de sa composition, à la fois hétéroclite et monocolore, que de son profil, renouvelé, mais déroutant, que de son ampleur dont on ne sait si elle sera gage d’efficacité ou de lourdeur pour le Gouvernement.

Plus de 350 députés forment désormais, pour les cinq années qui viennent, la majorité parlementaire dont disposera le Président de la République. Elle lui permettra de mettre en œuvre le programme de réformes qu’il a annoncé, mais dont il n’est absolument pas certain qu’il a été intégré et accepté par les Français qui l’ont élu le 7 mai dernier. Cette situation ambiguë est la conclusion logique et mécanique d’un cycle présidentiel et législatif où la confusion et le flou auront été prédominants.

Seul élément certain : l’abstention, associée à l’importante somme des bulletins nuls et des votes blancs, est devenue la seule et réelle majorité de notre pays. C’est cette majorité qui a permis au chef de l’Etat de l’emporter, comme autrefois au Front National de peser, puisque ce sont principalement ses électeurs qui se sont déplacés. Mais c’est une majorité inerte et lointaine, une majorité inutile et invisible, une majorité silencieuse et bougonne, dont il faut s’inquiéter qu’elle aille chercher ailleurs qu’à travers les débats d’un parlement godillot, les garanties sociales qu’elle attend. 60% des Français et des Eurois ont choisi de ne pas suivre, de ne pas s’exprimer, de ne pas approuver. Cette réalité jamais observée auparavant souligne non seulement le faible intérêt des électeurs pour un second tour dont l’issue avait été largement dessinée dimanche dernier, mais aussi la sourde réprobation d’une partie du corps citoyen devant le bonapartisme digital du nouveau Chef de l’Etat. Ajoutons que la succession des primaires de la droite et de la Gauche, puis des élections présidentielle et législatives, succession censée donner du souffle à notre démocratie, l’a en fait épuisée.

L’Eure, comme un très grand nombre de départements métropolitains, se verra désormais exclusivement représenter par des députés d’En Marche. C’est paradoxalement une promesse d’immobilisme. C’est un appauvrissement intellectuel. On s’inquiètera, hormis pour un ancien ministre de Nicolas Sarkozy réélu au prix d’un changement d’étiquette à vue dans la 1ère circonscription, de l’aura limitée, du faible charisme, des capacités vacillantes de ces élus de circonstance. On remarquera leurs incohérences idéologiques et leurs invraisemblances politiques. Comme partout, on notera qu’ils ne représentent que la France qui va bien, des bien-pensants et des bien-portants, à laquelle, élus professionnels, amuseurs radiophoniques, médecins, fonctionnaires, ils appartiennent. Ce sont les « heureux du siècle ». Attaché aux valeurs qui fondent la solidité de nos institutions et de notre République, je salue cependant leur victoire et adresse à ceux qui l’ont méritée, Bruno Le Maire, Fabien Gouttefarde et Marie Tamarelle, des félicitations sincères. Ils ont œuvré, sans provocation ni arrogance, au rassemblement de tous les républicains, démocrates et progressistes lors de cette campagne d’entre-deux tours.

Tous les candidats du Front National échouent dans toutes les circonscriptions de notre département. Leur impossibilité à travailler et à proposer un projet à la fois crédible et sérieux, juste et respectueux, a été durement sanctionnée par les électeurs eurois. Dans l’ensemble des territoires de notre département, dans nos villes comme dans nos campagnes, leurs résultats sont en très net recul par rapport au second tour de l’élection présidentielle. Je m’en réjouis, mais ne m’en satisfais pas. La présence systématique du Front National au second tour de chaque élection depuis les dernières élections municipales ne peut devenir automatique.

Dans un paysage politique devenu monocolore, la Gauche, éliminée au 1er tour dans notre département, réduite à la portion congrue dans la future Assemblée, est à reconstruire totalement. Un espace existe pour une formation qui ne soit ni hostile ni docile, pour une force progressiste qui ne tombe ni dans le radicalisme mélenchonien ni le contentement macronien. Sur la solidarité et le refus des propositions qui tendraient vers l’exclusion, sur la protection des salariés et l’opposition à des mesures qui aboutiraient à leur réduction, sur la fiscalité et le rejet de toute loi qui renforcerait les inégalités et appauvrirait les retraités et les moins aisés, des réponses de justice sociale et d’égalité devront être apportées. Il faudra dire à la fois notre désapprobation sur la réforme du Code du Travail, sur la hausse de la CSG, sur la baisse de la fiscalité au seul bénéfice des plus fortunés, sur les menaces qui pèsent sur l’assurance chômage, et, en même temps, être en capacité de proposer de nouvelles solutions, d’amener de vraies propositions.

Le pluralisme des opinions et la nécessité d’une confrontation libre et démocratique, qui ne trouveront plus aucune expression au Palais Bourbon, doivent perdurer. Pour cela, il faudra s’appuyer sur le travail de proximité de nos élus locaux, dans les majorités municipales de Val-de-Reuil, Pont de l’Arche, Verneuil sur Avre, Serquigny et Pont-Audemer comme dans les oppositions, avec Martine Séguéla aux Andelys et Timour Veyri à Evreux, retisser des liens plus solides et plus profonds avec le milieu syndical et associatif, et, plus généralement, amener le débat sur des positions que la future Assemblée Nationale ne défendra pas. La Gauche devra, demain, avec ses partenaires et ses alliés, travailler, amender, débattre et proposer. Si son appareil est à repenser, ses idées, elles, plus que jamais, ont un sens et un intérêt. La situation politique impose de nous réinventer. Nous en avons le devoir et la responsabilité.

11 JUIN 2017

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Les électeurs de la Gauche, éliminée au premier tour, doivent partout faire barrage au Front National

Les électeurs de la Gauche, éliminée au premier tour,

doivent partout faire barrage au Front National

 

 

Les résultats du premier tour des élections législatives confirment ceux de l’élection présidentielle.

Ils traduisent d’abord la réussite générale d’En Marche dans notre département quelle que soit la notoriété, la personnalité ou le parcours de ses candidats qui, à l’exception de Bruno Le Maire, étaient inconnus ou peu appréciés. Celle ci est normale et logique. Les électeurs ont voulu donner au Président de la République la plus large majorité possible pour mener les réformes qu’il a annoncées. C’est donc pour le Chef de l’Etat une victoire personnelle qui se répercute sur nos cinq circonscriptions.

Le niveau de l’abstention montre que les partisans des candidats battus en avril, selon une loi de la Vème république devenue encore plus forte depuis que les élections législatives suivent l’élection présidentielle, n’ont pas voulu entraver la dynamique de leurs adversaires et sont souvent restés chez eux. Se faisant, ils ont partout empêché la perspective de triangulaires et faussé la vérité des résultats.

Dans ce contexte, la Gauche paye le prix de sa division et de sa dispersion. Alors qu’elle parvient dans certaines circonscriptions à réaliser des scores convenables, elle est partout éliminée dès le premier tour. Elle devra en termes d’union, de propositions et de refondation en tirer toutes les conclusions. Cela ne passe pas à mes yeux par une surenchère permanente et irréaliste qui conduirait à la disparition, à la marginalisation ou à la disparition des socialistes. Cela ne consiste pas non plus à regretter aujourd’hui qu’un seul parti soit hégémonique car, pour éviter ce danger, il suffisait de le battre dans un scrutin démocratique.

La question de son avenir, au conseil général, dans se mairies, est également posée à la droite classique et républicaine. Elle aussi subit un important revers. Elle aussi voit ses voix aspirées par le centre et les extrêmes. La confusion extrême créée par l’entrée de Bruno Le Maire au sein du gouvernement d’Emmanuel Macron a précipité un échec qui est aussi celui des politiques que ses élus mènent à la tête des collectivités qu’ils gèrent. Elle devra enfin sortir de l’ambiguïté par rapport à l’extrême droite et choisir enfin son camp face à Emmanuel Macron.

Mais il est évident que cette défaite pèse singulièrement sur le Parti Socialiste. Nationalement, il paye autant son usure gouvernementale et l’immobilisme stratégique des dirigeants de Solferino que les errements de certains de ses parlementaires. Localement, il a souffert de la collection de médiocres, de minables et de mesquins qui l’ont consciencieusement trahi après qu’il leur a tout donné. Les candidats investis et soutenus par le Parti Socialiste dans les cinq circonscriptions de notre département, qu’ils soient écologistes, radicaux ou communistes, ne sont pas parvenus à se qualifier pour le second tour. Ma déception est à la mesure de l’investissement personnel, du dévouement, de l’énergie déployés par les militants lors de cette campagne. Que Val-de-Reuil soit une exception dans ce naufrage ne me console pas. Je veux dire mon amitié et mon admiration pour Richard Jacquet, mon candidat, pour Martine Séguéla, Laetitia Sanchez, Marie-Claire Haki et Valéry Beuriot. Je veux saluer aussi Jean Louis Destans qui, au Département de l’Eure, puis à l’Assemblée Nationale, a été à l’origine d’avancées majeures pour nos territoires et ses habitants prouvant qu’un député socialiste eurois peut réfléchir et travailler.

Dans notre département, parce qu’il y avait réalisé d’inquiétantes percées, notamment lors de l’élection présidentielle, la vague brune, si elle a été freinée, s’abat sur nos villes et nos campagnes. L’indigence et l’incompétence de leurs candidats dévoilent le véritable visage du Front National dans notre département. Hélas, il tire profit de l’abstention en se maintenant seul dans les cinq circonscriptions face à En Marche.

La Gauche, éliminée ce soir, doit donc rester mobilisée pour faire barrage au Front National et empêcher, partout, que ses représentants, non pas l’emportent, mais progressent d’une seule voix dans les seconds tours qui les opposeront aux candidats républicains. Notre attitude est claire. Nous appelons, dans toutes ces circonscriptions, à faire massivement barrage au Front National, ce qui consiste à voter notamment pour Bruno Le Maire, Fabien Gouttefarde et Marie Tamarelle.

Communiqué de Marc-Antoine Jamet

Premier secrétaire de la Fédération de l’Eure du Parti Socialiste 

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