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12 OCT 2019

Actualités

40 ans de l’Association Nelly Marcon, 30 ans du SIEM et du Conservatoire de Musique et de Danse de Val-de-Reuil/Léry/Poses. Retrouvez le discours que j’ai prononcé, samedi 12 octobre, à l’occasion de ce double anniversaire.

Discours de M. Marc-Antoine JAMET

Maire de Val-de-Reuil – Président de la Commission des Finances de la Région Normandie

Quarantième Anniversaire de l’Association Nelly Marcon, Trentième anniversaire du SIEM

et du Conservatoire de Musique et de Danse de Val-de-Reuil/Léry/Poses

Samedi 12 octobre 2019 – 18 heures

Au Conservatoire de Musique et de Danse de Val-de-Reuil

 

Chers amis,

Fêter les trente ans, c’est-à-dire le bel âge, celui de la maturité et de la plénitude, des débuts confirmés et de l’avenir encore possible, tout à la fois du SIEM, du conservatoire, de l’association Nelly Marcon, accompagne ce samedi d’une bien jolie musique.

D’abord, parce qu’il n’est pas courant d’avoir cheminé trois décennies au côté d’une Ville qui n’en aligne pas six. La moitié de notre vie communale, les bons et les mauvais jours, a été rythmée par vos partitions et vos portées. Ensuite, parce que cette célébration permet de retrouver l’atmosphère si particulière qu’avaient su diffuser les pionniers de la Cité Contemporaine, les poseurs de première pierre, les bâtisseurs d’utopie, écologistes avant l’heure, militants engagés, souvent progressistes, qui ont longtemps été la colonne vertébrale, le public et les bénévoles de vos classes et de vos concerts. Ils sont nombreux encore à poursuivre le beau rêve initié avec le Vaudreuil/Ville Nouvelle parmi vous. Ils en font vivre les valeurs, le souffle et le souvenir. Enfin, à titre personnel, je n’oublie pas que le SIEM a été mon premier acte de foi à l’égard de Val-de-Reuil et que, pour m’enraciner dans sa réalité, j’y ai, sur la suggestion de Nathalie Covacho-Bove, siégé au Conseil d’Administration, moi qui ne saurais même pas massacrer un accord, dès 2000, au même moment que, succédant à un truculent chauffeur de taxi portugais, je décidais de louer une maison au 27, voie de Bas.

S’il faut dresser un constat, je crois avoir été plus que fidèle à ceux qui m’ont accueilli :

  • En leur donnant les moyens de leur fonctionnement et, alors même que la Ville s’enrichissait d’autres institutions culturelles, maison de la poésie ou théâtre de l’Arsenal, en augmentant régulièrement la subvention annuelle du SIEM, puis du conservatoire, qui s’élève aujourd’hui à 500.000 euros, évolution rendue possible par le retour à une situation budgétaire toujours tendue, mais plus normale dans sa gestion à partir de 2001. C’est cette politique qui a permis votre existence et votre essor. C’est un soutien qu’un euphémisme qualifierait de non négligeable, que certains nous reprochent, qui n’est pas proportionnel aux contributions plus limitées de nos voisins lérysiens et posiens, que j’assume, dont je suis fier et que, je l’espère, chacun apprécie à sa juste valeur.
  • En abritant l’école de musique dans un vrai lieu, l’ancien Collège Alphonse Allais, conquis de haute lutte et par la ruse, sur le département, domiciliation généreuse en espaces et en fonctionnalités qui mit fin à une cohabitation peu opportune avec l’école Coluche dont les petits locataires ne savaient plus s’ils étaient écoliers dans la journée ou musiciens dans la soirée et dont la direction exigeait, sur l’air des lampions, le retour des mètres carrés imprudemment cédés. Nous devrions d’ailleurs donner un nom à ce bâtiment que nous mettons, avec ses fluides et son entretien, à votre disposition.
  • En allant chercher auprès de la région, avec les dents, il n’y a pas d’autres mots, les crédits nécessaires à la construction des studios de musique actuelle.
  • En vous aidant, auprès du Ministère de la Culture, qu’il s’agisse de la DRAC ou de la rue de Valois, à obtenir le statut qui est aujourd’hui le vôtre, celui prestigieux de Conservatoire, et que ne possèdent pas, par exemple, vos concurrents et amis de Louviers ou de Pont-de-L’arche.

Ces efforts, il faut avoir l’honnêteté de les appeler ainsi, ont porté leurs fruits. Alliés à votre talent, à votre énergie, à vos idées, ils vous ont fait gagner, paisiblement, sans aucune volonté d’hégémonie, respectabilité, renommée, durabilité, attractivité, diversité, stabilité et succès. Cette vérité doit être rappelée. Il serait presque étrange que je ne me plie pas à cette obligation. C’est une histoire belle et exemplaire. Nul n’a intérêt à s’en affranchir.

Je m’y réfère de manière d’autant plus spontanée que, en retour, vous avez beaucoup apporté à la commune et à la municipalité.

Vous avez amplifié, par votre localisation, au cœur de la dalle et face à Alphonse Allais, l’un de nos deux collèges avec Michel de Montaigne, par votre recrutement et par votre activité, le mouvement de mixité géographique et de paix sociale que nous avions impulsé. Des adultes faisant du violoncelle, des enfants qui dansent, des orchestres, des solos, des master class, tout ceci a fait reculer, combiné avec les effets favorables de l’ANRU, les voitures qui brûlent et les dealers qui empoisonnent.

  • En montrant les bienfaits de l’intelligence et de la culture, de l’apprentissage et du partage, de l’éducation collective et de l’épanouissement individuel, du plaisir et de la note juste, vous avez contribué à faire reculer les grands dangers que nous devrons affronter, ensemble je le souhaite, en mars prochain, le communautarisme, le fanatisme, l’égoïsme et l’extrémisme.
  • En participant à l’animation de la cité, en transformant sa réputation, et je songe aux représentations de votre orchestre symphonique, au programme éclectique de vos spectacles qui remplissent les églises de Poses et de Léry, à des formes plus inattendues et plaisantes, pour le sexagénaire que je suis, comme le récital donné, le printemps dernier, à la Maison des Jeunes et des Associations, en hommage aux Doors, vous contribuez à faire de notre commune un endroit gai et vivant, un territoire où il se passe quelque chose après 20 heures et le week-end, le contraire d’une cité dortoir, mais plutôt une petite capitale culturelle, qui, en Normandie, s’amuse à courir devant Vernon et Évreux, mordillant les mollets de Caen, du Havre et de Rouen, géants éberlués de voir l’audace de ce petit poucet.
  • En offrant un complément d’éducation à nos enfants, en diffusant la culture de l’harmonie, des instruments, du solfège et du chant, dans nos sept groupes scolaires, ce dont les petits devenus grands se souviendront éternellement.

Je pourrais poursuivre longtemps l’énumération de vos mérites et chanter les louanges de notre union. Le bilan n’est cependant pas uniquement positif. C’est presque rassurant. Notre partenariat prouve que la perfection n’est pas de ce monde. Il y a des progrès à faire que je ne voudrais pas voir accomplis – je suis exigeant – par lassitude ou simple bonne volonté. Le moteur de notre alliance laïque est différent. Vous avez, à mes yeux, des devoirs qu’impliquent la reconnaissance individuelle et la responsabilité collective vis-à-vis de la commune, une éthique du service public et une pratique de la République. C’est le rôle d’un maire de les rappeler.

Premièrement, pour être efficaces et économes, il nous faut mieux et davantage échanger lorsque se construisent les budgets. Si la Ville se serre la ceinture pour répondre à l’austérité des temps, le conservatoire ne peut déboutonner sa chemise pour se mettre à l’aise. Fort heureusement, vous avez à votre Conseil d’Administration le meilleur des hommes, notre adjoint aux finances, Jean-Jacques Coquelet, qui s’efforce de faire converger les divergences. Malgré sa vigilance et son dévouement, il en demeure qui me choque de temps en temps. Inversement, c’est ensemble que nous devrions plus souvent sortir de la tranchée rolivaloise pour aller chercher mécénat et argent.

Deuxièmement je ne peux faire l’impasse sur certaines inégalités territoriales. Il faut prendre conscience des réalités. Dans notre voisinage immédiat, il est des collectivités riches et opulentes qui sont ravies de profiter des possibilités du sport, du social, de la sécurité, de l’emploi, de l’industrie, des transports, de la culture qu’on trouve à Val-de-Reuil, mais se refusent quand on parle d’associations, de personnes dépendantes, de club de football, de commissariat, d’épicerie sociale ou de conservatoire à payer leur écot. On ne peut fermer les yeux à l’heure des arbitrages sur cette situation scandaleuse. Val-de-Reuil est la 14èmeville la plus pauvre de France. Les plus misérables ne peuvent payer pour les plus favorisés. C’est contraire à la morale, à la logique et aux convictions de ceux à qui le suffrage universel a confié le mandat de servir les intérêts des Rolivalois. Je pratique, moi-même, trop souvent, le pardon des offenses. Mais de là à tendre la joue droite, quand on m’a frappé la gauche…

Troisièmement, il faut à la musique s’impliquer davantage dans le quotidien municipal. C’est la juste contrepartie de notre bienveillance réciproque. Elle doit s’élever, parfois, pour devenir coopération. On ne peut ignorer notre amertume à chaque fois que nous allons à Workington, en Angleterre, à Sztum, en Pologne, à Ritterhude en Allemagne, lorsque nous voyons des formations musicales comparables aux vôtres, participer aux festivités, aux cérémonies, aux compétitions, donner un écho local aux grands moments de la vie de la Nation. Il ne s’agit pas de vous métamorphoser en majorettes. Il s’agit de s’entraider. Même si certains indices laissent penser que les choses s’améliorent et je vous en suis redevable, nous n’avons pas, ici, ce réflexe et je le regrette… Entre conservatoire et mairie grande autonomie oui, totale indépendance non.

Le temps passe et beaucoup ont parlé. Il me faut conclure.

Je citerai pour mémoire la difficulté que représente le mille-feuilles juridique et administratif que, avec beaucoup d’originalité, chacune de nos institutions culturelles a su bâtir : associations, établissements publics, compagnies privés se superposent. Un peu de simplicité et de transparence ne feraient pas de mal à tout cela.

Enfin, et ce sera le dernier voeu que j’adresserai au génie de la lampe, c’est avec vos pairs que je souhaiterais voir la situation évoluer. J’avais appelé, voici six mois, à la réunion d’états généraux de la culture à Val-de-Reuil. Ils ne voient pas le jour. Reconnaissons-le : personne ne s’est précipité. J’avais parlé de mutualisation d’agents, de matériels, de salles. On en est loin. Chacun change toujours une lampe avec son échelle dans son coin. J’avais espéré dialogue et synergie dans la constitution des programmations. J’en ai été pour mes frais. Othello de Shakespeare au théâtre ne verra pas Otello de Verdi cité au conservatoire ou Othello d’Orson Welles repris au cinéma, pas plus que la maison de la poésie ne listera les vers consacrés au Maure de Venise. Je le déplore. Le Festival du Caméléon en a, d’une certaine façon, payé les pots cassés. Il aurait dû être le volet musical de l’Arsenal. Je reconnais que vous en avez surtout été les victimes et que vous n’en êtes pas entièrement coupables.

Maintenant et quoi qu’il en soit, je sais ce que je vous dois, de même que les rolivalois. Ces vœux, même s’ils sont francs, n’enlèvent rien à l’admiration que je vous porte. Combien d’heures agréables et d’actions menées à bien, d’émerveillements et d’enchantements ! Je veux remercier Vincent Grandserre et, vous tous, sa valeureuse équipe de porter ce conservatoire sur leurs épaules, 365 jours par an, de diffuser l’œuvre de Mozart, Bach et, puisque j’étais à Londres ce matin, les Beatles, de donner une maison et une vocation à des centaines d’élèves qui ne deviendront pas tous des virtuoses, mais seront grâce à vous et à l’art de meilleurs humains, de déplacer des chaises, des praticables et des projecteurs, des violes de gambe, des pianos à queue et des guitares électriques. Je salue Chantal Mégange, présente il y a quatre semaines à la fête de la Ville, qui, à Val-de-Reuil, est toujours un peu directrice de tout et qui, aujourd’hui, dirige nos goûts et nos loisirs vers le beau. Longue vie à l’association Nelly Marcon. Longue vie au SIEM. Longue vie au Conservatoire de musique et de danse de Val-de-Reuil.

4 SEPT 2019

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La rentrée des classes 2019 à Val-de-Reuil, c’est + d’élèves, de classes, d’enseignants, + de moyens, de numérique, d’activités. Demain, ce sera encore « plus d’école » parce que l’école c’est l’apprentissage de la vie, du travail et de la République !

4 SEPT 2019

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On ne peut plus continuer comme cela ou pourquoi j’ai pris un arrêté anti pesticides illégal.

On ne peut plus continuer comme cela ou pourquoi j’ai pris un arrêté anti pesticides illégal.

La taille des catastrophes naturelles ou humaines qui frappent notre Terre n’a cessé d’augmenter, leurs conséquences pour l’avenir de s’aggraver, le calendrier pour y répondre de se raccourcir. A l’annonce, désormais « classique », que les derniers mois d’été ont été les plus chauds depuis que la température en est mesurée, se sont ajoutées, récemment, d’autres nouvelles encore plus préoccupantes : la disparition ou presque de la banquise arctique, le dégel progressif du permafrost en Sibérie dégageant d’énormes quantités de CO2, les incendies de la forêt amazonienne, château d’eau du reste de l’Amérique du Sud vers laquelle elle envoie pluies et nuages, mais aussi l’embrasement des futaies de l’Europe du Sud, de la Russie, de l’Afrique, l’élévation de la chaleur des  océans, singulièrement de celui qui entoure le Groenland passé en juillet de 4 à 21°. La liste serait longue si elle devait être complète. Nous allons dans le mur.

Devant cette situation dramatique, dans le prolongement de la COP21 et de l’accord de Paris que les États-Unis de Donald Trump ont refusé d’appliquer, le G7 de Biarritz, sous l’impulsion du Chef de l’État a, enfin, été le lieu et le moment pour les dirigeants des pays les plus riches de la planète de prendre conscience que des phénomènes irréversibles étaient en train de se produire, qu’ils avaient, aujourd’hui, la solution, si ce n’est pour y remédier (en est-il encore temps ?), du moins pour atténuer les effets de désastres qui, si rien ne change, se produiront immanquablement dans dix, vingt, trente ans… Qui voudrait porter la responsabilité de léguer à nos enfants, à nos petits-enfants, un monde condamné à subir pendant dix, vingt, trente journées, des canicules de plus de 50° ?

S’il est bon que le sort du Brésil et le réchauffement climatique mobilisent les bonnes volontés, car ce qui s’y passe a des prolongements économiques ou sanitaires bien au-delà de Brasilia, Sao-Paolo ou Rio, il serait illogique de détourner les yeux de notre Normandie. Moins d’insectes, moins d’abeilles, moins d’oiseaux. Pollinisation, diversité, équilibres, tout ce à quoi ces espèces étaient utiles, remis en cause. Des campagnes devenues silencieuses. Il y a un responsable à cette situation : le recours illimité aux pesticides. Ceux qui ont, un jour, traversé l’épais nuage qui accompagne chaque épandage se souviennent de la quinte de toux qui, pendant quelques minutes, les a secoués. Des prélèvements, qui viennent d’être rendus publics, effectués sur une centaine de femmes et d’hommes habitant dans une région proche, sur un territoire qu’on pensait jusqu’alors préservé, Belle-Île, laissent apparaître des concentrations de poison plus de dix fois supérieures à ce qui est admis dans l’eau des rivières.

C’est pourquoi, le jour où le Tribunal administratif de Rennes annulait l’arrêté de mon collègue de Langouët, j’ai décidé de prendre exactement le même. Le Préfet de l’Eure vient de m’annoncer – courtoisement – que je devais le retirer. J’ai évidemment refusé. Il sera donc déféré devant la juridiction compétente. Il est des circonstances, comme le refus du contournement Est de Rouen, le respect de l’identité municipale, la préservation de la laïcité, où il est honorable de passer devant un juge quand bien même votre cause serait-elle perdue d’avance. J’entends, moi-même magistrat, que chacun ne peut faire sa Loi. Mais il appartient aux citoyens de résister. On a – parfois – raison de se révolter. Chacune de nos décisions municipales devrait avoir maintenant une dimension écologique ou environnementale. C’est une obligation. C’est une nécessité. C’est un impératif.

En rejoignant les autres élus qui avaient pris la même décision que moi, je n’ai pas voulu montrer du doigt les agriculteurs. Ils se donnent énormément de mal dans des conditions financières et réglementaires difficiles. Ils font un métier admirable. J’éprouve du respect pour le monde paysan. Il nous nourrit. Il travaille dur. Il entretient nos paysages et évite leur désertification. Il fait vivre nos départements et nos villages. Il est indispensable. Toutefois, il paraît céder à la facilité quand il achète sur les étagères de Monsanto ces produits toxiques dont ses représentants peuvent être les premières victimes. D’autres méthodes existent, plus longues, plus coûteuses, plus délicates, certes, mais qui sont l’avenir. Outre la préservation, voire l’amélioration, de l’état de santé d’eux-mêmes, de leur famille et de ceux qui habitent à proximité de leurs exploitations, en adoptant ces alternatives que l’INRA, par exemple, étudie avec succès, nos agriculteurs se créeraient, demain, un nouvel avantage comparatif par rapport à leurs concurrents mondiaux favorables aux cultures extensives, une plus-value biologique qui favoriseraient les circuits courts et augmenteraient leurs marges, une renommée et une qualité qui les mettraient en position de force pour être entendu face à Bruxelles, rembourser leurs emprunts aux banques, négocier avec la grande distribution, relancer leurs exportations. Mon propos ne comporte absolument aucune agressivité, aucun ressentiment à l’égard de cette civilisation rurale sur laquelle s’appuie l’histoire de France. Au contraire.

En revanche, ma démarche se veut un électrochoc, une alarme et une alerte. Information et sensibilisation sont mes objectifs. Je ne suis pas un khmer vert, un compagnon des premiers jours de José Bové, un tenant de l’écologie punitive, mais notre manière de vivre atteint ses limites. La terre dont nous aspirons, non plus les richesses, mais les réserves, s’épuise. Ma conversion est tardive. Je le reconnais. Je pourrais prétendre que cette évolution est celle de la maturité. C’est – surtout – celle d’un constat : celui de la réalité. Je suis né sur une planète qui hébergeait deux milliards d’êtres humains. Dans deux décennies, elle en comptera onze. Il faut changer nos comportements. Immédiatement. Être insouciant ou indifférent, sauf à se complaire dans le cynisme ou l‘égoïsme, n’est plus possible. Dès 2006, plus de 10 ans avant qu’une loi n’interdise aux collectivités – sur l’ensemble du territoire national – l’utilisation de produits phytosanitaires sur le domaine public, Val-de-Reuil, la plus jeune commune de France, s’était engagée dans une démarche exemplaire et innovante en renonçant à utiliser ces produits chimiques sur tus les espaces publics. L’arrêté que j’ai pris, interdisant l’usage des pesticides, va dans le même sens. Le bon sens. J’espère qu’il suscitera un effet d’entraînement qui tourne à l’effet de masse. On me dit que nous serions une soixantaine de maires à avoir eu un geste semblable. Il en reste 36000 à convaincre de nous suivre.

2 AOUT 2019

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Grand passage des gens du voyage à Val-de-Reuil, ça suffit : la Ville exige de l’État une réaction rapide et de l’Agglomération Seine-Eure l’aménagement sans délai d’une aire d’accueil adaptée

Grand passage des gens du voyage à Val-de-Reuil, ça suffit :

la Ville exige de l’État une réaction rapide et de l’Agglomération Seine-Eure l’aménagement sans délai d’une aire d’accueil adaptée

 

Mardi 30 juillet, à la mi-journée, pour la quatrième fois en deux mois, plus de 300 caravanes appartenant à des « gens du voyage » ont forcé, en plusieurs points, grâce à des engins de chantiers loués, le dispositif de sécurité mis en place par la Ville, à la limite du Vaudreuil, autour du Parc Sud. Ce sont ainsi 800 personnes qui se sont introduites, sans droit ni titre, sur un terrain appartenant à la commune. Cette situation devenue insupportable pour les riverains et les usagers de cette aire de promenade particulièrement fréquentée a amené la municipalité, qui partage l’exaspération et comprend la colère des habitants face à la multiplication de ces nuisances, à réagir avec rapidité et fermeté. Une fois de plus, une fois de trop, l’Agglomération, indifférente aux obligations liées à ses compétences, se mure dans le silence, ne respecte pas ses engagements et se réfugie dans l’inaction. Seine-Eure est en vacances ou bien aux abonnés absents. La Ville condamne cette attitude irresponsable.

Dès mardi midi, la Ville a donc demandé au Préfet de l’Eure et au Procureur de la République de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux et, dans un délai de 24 heures si cette procédure n’était pas suivie d’effets, de recourir à la force publique. Ce jeudi, le Maire, Marc-Antoine Jamet, accompagné de Dominique Lego, Adjoint en charge de la sécurité, s’est rendu sur place pour rencontrer les responsables du campement et exiger son démantèlement immédiat. Il leur a été indiqué que la commune ne pouvait faire face à une augmentation brutale de 5% de sa population, laisser des feux allumés à même le sol pour la cuisson dégénérer en incendies, des latrines improvisées le long de l’Eure, des branchements électriques sauvages et dangereux, des stades dévastés par la circulation des véhicules. Quelle commune de France pourrait supporter cela ?

Après une heure de négociations, et devant le refus d’obtempérer des intéressés, le Maire de Val-de-Reuil a interpellé le Préfet, par l’intermédiaire du Secrétaire Général de la Préfecture de l’Eure, Jean-Marc Magda, pour lui demander d’intervenir dans les meilleurs délais. Dès la nuit suivante, les agents de la Police Nationale ont effectué des rondes aux abords du site pour contrôler identités et véhicules. À 10h30 ce matin, le Secrétaire Général de la Préfecture et le Directeur Départemental de la Sécurité Publique, Bernard Le Hir, se sont rendus à Val-de-Reuil pour ordonner l’expulsion des caravanes. Les négociations se poursuivent actuellement.

Si la Ville tient à saluer la réactivité avec laquelle la Préfecture et les forces de l’ordre ont répondu aux sollicitations de son Maire, elle en attend les résultats concrets. Elle s’inquiète, une fois encore, du manque d’effectifs de Police affectés à Val-de-Reuil pour remplir cette mission. Aucun rapport de force crédible, sérieux et efficace ne pourra être engagé avec les occupants tant que 50% des effectifs d’un commissariat qui comptait 110 fonctionnaires à l’origine resteront manquants.

Par ailleurs, depuis deux ans, devant la répétition de ces intrusions, la municipalité n’a cessé d’interpeller l’Agglomération pour qu’elle respecte les engagements pris devant l’État de mettre à la disposition des gens du voyage, pour leurs « grands passages », un terrain d’accueil capable d’absorber, dans la dignité, le nombre croissant de personnes en itinérance sur son territoire. Un terrain, situé dans le parc de Saint-Pierre, a bien été identifié. Mais l’agglomération a oublié d’y effectuer les aménagements permettant son alimentation en eau et en électricité et se refuse à les faire. L’Agglomération, au prétexte sophistique que cette nouvelle aire n’empêcherait pas les gens du voyage de continuer à occuper illégalement le Parc Sud ou qu’elle créerait une augmentation de la fréquence des grands passages sur le territoire intercommunal, préfère l’attentisme au pragmatisme. D’un point de vue juridique, politique et pratique, cette position absurde est révélatrice soit d’une absence de vision, soit d’un manque de volonté soit d’un défaut de capacité de l’Agglomération.

Juridiquement, il revient à la charge de l’intercommunalité, dans le cadre d’un schéma départemental d’accueil des gens du voyage, de mettre à leur disposition, notamment en vue des périodes de grand passage, des terrains aménagés. C’est leur droit le plus strict. Lorsque l’on prétend respecter les gens du voyage, leur mode de vie, leurs traditions, il est du devoir des élus à qui incombe la responsabilité de cet accueil de mettre en œuvre les moyens les plus adaptés. Tant que l’Agglomération continuera à ne pas assumer réellement cette compétence, elle donnera aux occupants l’argument de droit qu’ils attendent pour continuer à s’installer dans des espaces publics sur lesquels il leur est interdit de stationner. Sans doute faudrait-il que le parking de sa pharaonique place Thorel, morne plaine minérale, dispendieuse et dispensable, subisse les mêmes assauts, les mêmes dégradations pour que se réveillent enfin sens du devoir et bon sens chez le Président d’Agglomération, sur d’autres sujets moins pusillanime, mais qui, ici, ne dit mot et fait le soliveau.

Politiquement, il revient à l’Agglomération la responsabilité d’engager les actions qui structurent l’ensemble de son territoire. Pourtant, sur un dossier qui concerne aussi bien les habitants de Pont de l’Arche, des Damps et de Val-de-Reuil, aucun soutien ne s’est manifesté, aucune disposition n’a été prise, aucune mesure d’ordre public n’a été décidée pour que cessent des troubles qui nuisent directement à la population, perturbent le voisinage, nécessitent des réparations dont la charge est entièrement assumée par les communes. Combien de terrains hors d’usage, d’eau et d’électricité dérobés, d’espaces verts détériorés faudra-t-il compter pour que l’Agglomération daigne débloquer les 70.000 euros nécessaires à l’aire d’accueil de grands passages à l’intérieur d’un budget qui s’élève chaque année à plus de 140 millions d’euros. C’est ce que l’on appelle parfois la bonne gestion. L’Agglomération s’en éloigne chaque jour un peu plus par ses indécisions.

La Ville invite donc les dirigeants de Seine-Eure à sortir de leur torpeur et réclame, sans délai, que les aménagements du terrain identifié pour accueillir les gens du voyage lors des grands passages soient réalisés. Au cœur du mois d’août, il existe des sujets de préoccupation plus décisifs que de préparer l’inauguration d’une patinoire. Nos administrés attendent des collectivités sécurité, proximité et efficacité. L’Agglomération doit enfin l’entendre et accompagner, lorsqu’elle en a la compétence, les communes à assurer ces missions essentielles. Au cas présent, après le désintérêt pour la fermeture du Guichet SNCF de la gare intercommunale de Val-de-Reuil, après l’inertie devant les difficultés du commissariat de la circonscription, assez c’est assez. L’indifférence aux nuisances et aux incivilités que subissent notamment les habitants de Val-de-Reuil et du Vaudreuil n’a que trop duré.

 

 

 

 

15 JUIL 2019

Actualités

Ce dimanche 14 juillet, au Monument Mémoire et Paix, devant 250 Rolivalois, je m’exprimais lors du Rassemblement en l’honneur de la Fête Nationale.

Discours de M. Marc-Antoine JAMET

Maire de Val-de-Reuil, Président de la commission des finances du Conseil Régional de Normandie

Rassemblement en l’honneur de la Fête Nationale

Monument Mémoire et Paix – Val-de-Reuil – Dimanche 14 juillet – 11 heures

 

 

Chers amis,

En pénétrant dans ce monument dédié à la mémoire et à la paix, nous avons respecté une tradition. Nous avons honoré des héros.

L’enregistrement de la Marche de Robert Bruce, qui a marqué notre entrée, a été réalisé dans la Cour des Invalides le 14 mai dernier. Quelques jours seulement après que, à l’annonce de sa mort, le 3 avril, nous ayons rendu hommage au médecin capitaine Marc Laycuras tombé au Mali, le bagad de Lann-Bihoué accompagnait, de nouveau, deux hommes, deux soldats, vers leur dernière demeure. Ils avaient préféré retenir leurs armes en donnant l’assaut plutôt que prendre le risque de mettre en danger l’intégrité des otages qu’ils venaient sauver.

Vous avez remarqué le bruit sec et rythmé qui accompagnait cette musique forte et funèbre. C’est celui des rangers de leurs camarades marquant le pas sur le pavé au moment de porter leur cercueil. En perdant la vie, ces commandos de marine, l’élite de notre armée qui défile en ce moment sur les Champs-Élysées et au-dessus de la capitale, pour les avions C135, Rafales et Mirages qui ont décollé d’Évreux, ont rendu la liberté à quatre êtres humains deux français, une américaine et une coréenne enlevés au Burkina, prisonniers de bandits qui prétendaient agir au nom de l’Islam, mais ne recherchaient que l’argent des rançons et la lumière des médias.

Si l’oubli s’éloigne des morts quand les vivants honorent leur mémoire, si la célébration du souvenir apporte, si ce n’est la consolation, du moins la reconnaissance de la Nation, ayez tout à l’heure, lorsque retentira le clairon de la sonnerie aux morts une pensée pour leur famille, leurs parents, leur compagne qui ont enterré les maîtres Cédric de Pierrepont, à 33 ans, et Alain Bertoncello, à 28 ans, morts au champ d’honneur, morts pour la Patrie, morts pour un idéal, pour un drapeau et pour nous. Que leurs faits d’armes ne s’effacent pas.

La Nation n’exige pas le même sacrifice de tous ses enfants. Nous n’en aurions pas, moi le premier, le courage et l’abnégation. Peut-être même aurions-nous hésité à rejoindre les quelques milliers de femmes et d’hommes qui, il y a 230 ans, ont pris la forteresse de la Bastille défendue par le Gouverneur de Launay ? Mais la France demande toujours ce qui lui est dû. Nous devons lui rendre des comptes pour ce qu’elle nous a donné. L’occasion en est venue puisque nous voici réunis pour la dernière des six cérémonies du 14 juillet qu’aura comptées cette mandature.

La fête nationale est un rendez-vous. Il m’invite évidemment à féliciter les ingénieurs du bassin d’essai des carènes pour la mise à l’eau cette semaine, par le Président de la République, M. Emmanuel Macron, du sous-marin nucléaire d’attaque Suffren dont l’Australie a acheté une flotte entière pour 30 milliards d’Euros et à adresser notre soutien à tous les militaires français en opération dans le monde.

Mais je voudrais dire aussi un mot plus local. Au début du printemps prochain, nous nous présenterons devant les électeurs qui nous jugeront. Quel qu’en soit le verdict, je voudrais dire ma gratitude et mes remerciements au conseil municipal qui, dans six mois, se séparera. Je veux, avant tous les autres, citer trois noms qui sont gravés en nous, Bernard Cancalon, Noëlle Boudart, Daniel Moreau, décédés en cours de mandat. C’est souvent en pensant à eux que nous avons agi.

Au Conseil Municipal, à notre conseiller départemental Jean-Jacques Coquelet, à la première adjointe Catherine Duvallet, à la Présidente du CCAS, Marilyne Niaux, à tous les adjoints et à tous les élus, je voudrais témoigner que, au-delà de divergences ponctuelles d’appréciation – elles ont été rares, mais comment n’y en aurait-il pas eu en six ans ? -, avec nos différences de caractères, nos manières personnelles d’agir et de faire, nos parcours, nos âges et nos identités, nous avons travaillé ensemble, formé un beau collectif, donné de l’énergie et du temps aux autres, sincèrement, en bonne intelligence, dans un esprit de camaraderie qui n’avait pour seul objectif que le bien des Rolivalois. Il nous est arrivé de rire, beaucoup ou pour rien, et c’est tant mieux. Nous serons restés 72 mois une équipe digne, soudée, amicale, sans cris et sans larmes, autour d’une certaine convivialité et d’une vraie simplicité, unie par la volonté de nous battre pour les autres, pour l’intérêt général, pour le service public.

Cette cohésion, je ne l’ai pas obligatoirement observée ailleurs y compris à proximité de chez nous. Ici, pas de couteau dans le dos, pas de propos désagréables, pas de valse des étiquettes, des titres ou des fonctions, pas de trahison, d’absence ou de départ. Fidélité, loyauté, confiance, ont marqué nos relations. C’est assez rare pour être souligné. Je voulais le dire aux Rolivalois parce qu’ils ont raison d’être fiers de leurs représentants. Je voulais vous le dire, publiquement, les amis, pour que vous en soyez crédités.

On nous demande d’être honnêtes. Nous le sommes. Dans notre commune, nous n’avons pas besoin d’être Ministre de l’environnement pour connaître et respecter les conditions d’entrée ou de maintien dans le logement social. Pas de cartes bleues ici, pas de cartes d’essence, pas d’appartements de fonction, encore moins de homards ou de Château-Pétrus. J’ai acheté les meubles qui sont dans mon bureau et ce sont les mêmes depuis toujours. La voiture du maire doit rouler au minimum dix ans pour être changée. Il faut servir sans se servir. J’ajoute que si je ne prends jamais, il m’arrive de donner. Personnellement. Sans jamais en faire état, ni en chercher contrepartie.

On nous demande de tenir nos promesses. Faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait. Nous n’avons pas touché aux impôts et aux tarifs publics depuis 2000, baissé la dette et investi en priorité dans l’éducation, le logement, la sécurité, dans ce qui formait notre programme. Plus que tout, c’est à la fois notre bilan et notre projet, nous avons rapporté aux Rolivalois les 100 millions de l’ANRU que nous avions promis de remporter. C’est l’équivalent de dix ans d’investissements, de deux budgets et demi, sans parler des dossiers connexes qui, comme en 2005/2012, commencent, grâce à la dynamique du renouvellement urbain, à frémir avant de s’accélérer. Il faut que chacun le comprenne : ce sont nos jeux olympiques, c’est notre Grand Paris, c’est notre Graal. Nouvelle école, nouveau playground de basket et dojo, nouveaux quartiers, nouvelles rues, ce projet va nous faire gagner une décennie. Les Rolivalois en partageront les premiers fruits dès cette année. Qui saurait gérer ce pactole mieux que ceux qui l’ont obtenu ?

On nous demande d’être proches des habitants. Il me semble que nous sommes parvenus à faire vivre à Val-de-Reuil ce qui n’existe plus dans bien des endroits. Nos mails sont connus de toute la population. Nos portables retentissent la nuit, le dimanche, les vacances, et jamais nous ne les fermons. N’est-ce pas Dominique avec qui j’ai fait hier une ronde de nuit jusqu’à deux heures du matin ? Je reçois, comme d’autres élus, des dizaines d’habitants chaque samedi qu’ils aient voté ou pas pour moi car l’impartialité est notre règle. J’ai encore dans les yeux la foule immense qui se pressait au concert donné à Jesse Owens, voici un mois, mais je pense aussi au carnaval, au conseil des sages que je salue, à l’intensité de notre vie sportive et culturelle avec notre théâtre plein cette année à 86%, aux réunions hebdomadaires de la Gestion urbaine de proximité, au forum de l’emploi, à la fête de la Ville, aux repas partage, à côté plage, au feu d’artifice d’hier, à des centaines d’autres moments de rassemblement joyeux et fédérateurs. Nous avons travaillé à la première heure de notre élection. Nous travaillerons jusqu’à la dernière heure de notre mission.

On nous demande de connaître nos dossiers. Personne n’imagine qu’autant de commerces ont pu être crées et nous attendons l’ouverture d’action en fin d’année, autant de logements construits à la Comminière ou aux Noés, autant de chantiers menés, jardin sportif, église, épargne, orée, en attendant les prolongements des routes de Louviers et des Sablons, autant d’entreprises installées, en six mois, si nos interlocuteurs n’avaient pas compris notre sérieux. Urbanisme, développement économique, services techniques et espaces verts, État-civil, ressources humaines, jeunesse, Espages, éducation, petite enfance, événements, culture et sports, chenil, police municipale, emploi, logement, famille, services sociaux, j’adresse en votre nom des remerciements à Julien Tristant, notre remarquable directeur général des services, remerciements que je lui demande de transmettre à Nadia Basso et à Fabrice Barbe, ses prédécesseurs, mais également à ses 400 collaborateurs, fonctionnaires et agents, avec le souhait que les doigts de Djamel Halouane et la jambe d’Olivier Béard se remettent vite. Ils se sont organisés, rajeunis et professionnalisés au cours des six dernières années. Ils forment une équipe cohérente et compétente. Je sais, enfin, à titre personnel ce que je dois à Thomas Toutain ainsi qu’à Malika Ouaret et Élisabeth Lambert. Savoir s’entourer c’est aussi une forme de talent.

On nous demande d’être entreprenant, mais il me semble que la transition écologique à travers les parcs qui nous réuniront à la base de loisirs, la diversité énergétique, le fonctionnement des cantines, les projets Cités Éducatives et ANRU+ qui a pour but de transformer nos garages souterrains, la modernité et je pense à la cyberbase ou à la fibre qui cette année arrive enfin, l’insertion dans l’emploi à travers les dispositifs que nous avons mis en place parlent pour nous.

Je l’affirme solennellement : nous sommes efficaces ; nous sommes sur le terrain ; nous privilégions le consensus, l’information ouverte, la transparence et j’imagine mettre en place demain un droit d’interpellation ; nous prenons soin de l’argent public ; nous faisons front devant les crises ; nous pensons à l’avenir ; nous aidons nos voisins du Vaudreuil, de Léry et de Poses ; nous sommes à l’écoute des préoccupations de nos concitoyens ; nous voulons davantage d’équipements et de services pour Val-de-Reuil ; nous défendons les habitants de la commune face aux autres collectivités, y compris devant celle qu’un sondage du CEVIPOF paru au début de ce mois décrit comme la moins légitime, la moins aimée, la moins connue, l’agglomération qui devrait accepter que nous soyons son premier échelon et son guichet de proximité au lieu de s’agiter à construire des patinoires.

C’est dans cet esprit que je souhaite continuer mon action, la renouveler et l’amplifier pour mettre en œuvre un programme concret, ambitieux, favorable à tous, afin de préserver notre environnement et lutter contre l’autoroute qui le défigurerait, réduire les consommations d’énergie pour qu’en 2050 le climat de Val-de-Reuil ne soit pas celui de Canberra la capitale de l’Australie, favoriser le recyclage, accroître la part de l’alimentation bio y compris dans les petits déjeuners que nous allons servir à la rentrée aux enfants des écoles, planter encore plus d’arbres afin que notre Ville reste un jardin, et renforcer les mobilités douces, maintenir nos services de proximité, notamment notre Trésorerie et ceux qu’accueillera le nouveau PIMMs sur la place des quatre saisons, inventer de nouveaux moyens de communication avec les habitants, exiger le retour d’un troisième collège, demander des renforts de police pour plus de sécurité et de tranquillité publiques ce qui m’a conduit à engager d’ores et déjà le recrutement de deux nouveaux policiers, à mettre en œuvre un plan « ralentisseurs » contre la violence routière et à décider l’implantation de nouvelles caméras de vidéo-vigilance pour traquer les trafiquants, attirer encore plus d’entreprises, développer notre centre-ville, construire des logements pour atteindre cette taille de 20.000 habitants qui n’est pas un caprice, mais le seul moyen de garder toutes nos écoles, de renforcer notre attractivité et de ne jamais augmenter les impôts. J’essaye de donner une direction et une cohésion à cette politique, un sens et du style à notre action.

Ce n’est pas obligatoirement tâche facile. Certains ne respectent plus rien. Dans notre pays plus riche que la plupart, plus libre que la plupart, la République recule, tandis que le pays se divise et se fracture. En France, 46% des 18/35 ans déclarent qu’un autre système serait « aussi bon » que la démocratie. Le 17 novembre dernier, plus d’un million de gilets jaunes ont dit sur les ronds-points leur frustration ou leur colère. La participation au vote, si elle progresse dans notre commune, ne doit pas cacher qu’aux dernières élections, la moitié des électeurs sont restés chez eux. Le consentement à l’impôt, ce pilier du pacte social, s’effrite et certains, parmi les plus riches, se vantent ou revendiquent d’en payer peu. L’acceptation de l’autorité diminue. Il y a des raisons qui expliquent cela : la fin de la bipolarisation et du clivage Gauche-Droite, catastrophe dont tant de gens se sont félicités à tort, la perte des repères de proximité, la famille, le village, l’emploi, la Nation, dans l’Europe et la mondialisation, l’individualisme des comportements numériques. Ce ne sont pas que des abstractions lointaines. Ces évolutions expliquent les motos sur la dalle, les fleurs arrachées aux plates-bandes, les tags sur les murs, les incivilités beaucoup de ces choses contre lesquelles nous luttons en permanence sans nous résigner, ni renoncer, comme hier lorsque nous avons pris la décision que les motos circulant illégalement seront saisies et détruites, décision qui a immédiatement connue une première mise-en-œuvre tandis que le conducteur de l’engin a été mis en garde à vue.

Dans ce contexte, deux choses, récemment, m’ont choqué. Jeudi, l’équipe de l’Algérie a battu celle de la Cote d’Ivoire. C’était mon pronostic et mon espoir. Pourquoi cette qualification en demi-finale a-t-elle dégénéré ? Que tous ceux que leurs origines enracinent de l’autre côté de la Méditerranée fassent éclater leur joie comme des bretons après une victoire de Rennes, des Marseillais quand triomphe l’OM, des Brésiliens quand le PSG réussit à ne pas être éliminé, quoi de plus normal ! Mais doivent-ils prétendre, pour autant, qu’ils sont les enfants d’un pays où ils ne sont pas nés, où ils n’auraient pas eu la chance de fréquenter aussi facilement écoles et médecins, où, pour la plupart d’entre eux, jamais ils n’habiteront parce que leurs propres enfants ne le voudront pas, parce qu’on ne les y attend pas, parce qu’il n’y a pour eux ni logis ni emplois, d’un pays qui n’est pas le leur, et qui ne le sera jamais, d’une dictature dont les véritables habitants s’efforcent en ce moment même, sans violence, sans pillage, sans chichas et sans joints, de chasser le mensonge et la corruption, le népotisme et la prévarication, doivent-ils parler en dehors du cercle familial une langue qui n’est pas celle de leur pays. Je comprends qu’il faille conserver des coutumes, des vêtements, une langue qu’il faut faire vivre les jours de fête ou dans le cercle familial, mais pas, au travail, au lycée, en mairie ? Non, la République est un creuset. C’est comme cela que cela marche. Leur mère, c’est la France par le sol et la naissance. Elle leur doit le respect et l’excellence. Ils lui doivent amour et obéissance. On ne combat pas le racisme par le racisme, mais par l’école, la médiation, le sport, l’éducation civique… Ayant été attaqué en l’espace de six mois à la fois par les intégristes obscurantistes et par les islamophobes bornées, je me sens à l’équilibre de ce qu’il faut faire.

Dans le même ordre d’idées, il y a deux semaines, notre commissariat était dégradé non par une filiale rolivaloise de Daech, même si nous subissons notre lot d’individus radicalisés, mais par un groupe de jeunes, dont les leaders sont bien connus, jetant des cailloux et se servant de mortiers d’artifice. Cela signifie-t-il que Val-de-Reuil est à feu et à sang ? Je me suis chargé de répondre – c’est mon travail – à cette ineptie de Mme Le Pen reprise par MM. Ciotti et Estrosi qui auraient mieux fait de protéger les Niçois tombés sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016. Je l’ai fait seul sans l’aide des trois autres maires de la zone Police qui n’ont pas eu un mot de soutien pour ceux qui assurent notre sécurité et ne consentent pas les mêmes moyens que nous à une police municipale. Mais, sans doute, ai-je fait une erreur. Parce que je fais du commissariat le premier partenaire de la mairie en matière de sécurité, le commissaire Daubigny que je vois partir à regret, même si j’ai appuyé sa mutation, le sait bien, je n’ai pas dit avec assez de force que celui qui jette un caillou sur un policier le jette sur moi et que celui qui l’insulte m’insulte moi. Les forces de l’ordre, comme les pompiers, les militaires, les gardiens de prisons, les cadres de l’Epide, sont partout et toujours nos alliés. Nous les admirons et les aimons. J’ai saisi M. Castaner afin qu’il affecte des agents dans un commissariat qui ne peut fonctionner avec 50% des effectifs.

Il serait d’ailleurs vain de mettre tous les jeunes dans le même panier. Pas d’amalgame au prétexte qu’il y a des comportements irresponsables. Je soutiens qu’ils sont isolés, limités et désapprouvés par l’immense majorité de leur génération. Certains ont le bon sens d’allier l’utile pour eux à l’agréable pour la Ville. Ils travaillent à entretenir et embellir l’espace public. Je veux dire bravo aux 45 volontaires de nos « chantiers Ville ». D’autres ont décidé de réagir, de s’engager et je suis heureux de voir autour de nous les premières recrues du Service National Universel, pour plusieurs de retour de Cayenne où ils n’ont pas été au bagne mais ont vu décoller des fusées. Dans quelques instants, ils vont signer avec la commune un contrat citoyen.

Qui profite de ces agissements ? La réponse est simple : le communautarisme qui n’a pas sa place à Val-de-Reuil, l’extrémisme et le radicalisme dont j’ai parlé, le fascisme et sa vitrine blond marine, le populisme. Faire reculer ces faquins et ces pantins sera l’unique enjeu de mars 2020. Mon but sera, avec tous ceux qui voudront bien m’aider, en évitant les pièges de la dispersion à Gauche et de la compétition parmi les républicains, de faire que le Rassemblement National à Val-de-Reuil recule vers le plus petit score possible. Il faudra les interroger sans relâche : quel prix du repas dans les écoles, quelle programmation au théâtre, quel rapport avec nos concitoyens de confession musulmane, quels impôts augmenteront ils ? C’est dans ce but que je bats le tocsin ce matin.

Car, en attendant, les forces autoritaires partout progressent. Nul ne se choque que, prenant les électeurs pour des idiots, leur parti dépose dans toutes les boîtes aux lettres de l’Eure, le même prospectus publicitaire, dupliqué en n’y changeant que le nom de la commune, pour recruter une liste de candidats aux municipales. Bientôt ils essaieront les annonces du chasseur français, prendront un abonnement sur Meetic ou organiseront des rencontres sur Tinder pour trouver des volontaires prêts à subir dans les urnes rolivaloises la plus grande déculottée de leur vie. Quelle honte ! Nul ne se choque que celui qui signe ce tract dans notre commune soit un incompétent, un incapable, un indolent notoire. Quelle impudence ! Faudrait-il être paresseux et inapte pour être élu à Val-de-Reuil ? Je crois avoir démontré le contraire. Nul ne s’insurge que celui qui coordonne cette opération dans le département soit mis en examen pour détournement de fonds publics et emploi fictif.

La question des prochains mois est bien celle-là. Allons-nous  individuellement et collectivement accepter cela. Je ne l’imagine pas. Votre présence, ici, ce matin, en témoigne. Vous aimez notre devise, la liberté, l’égalité, la fraternité. Vous voulez la laïcité, la sécurité, la solidarité. Alors je vous propose un pacte républicain, un pacte d’union, un pacte de résistance. En Mars prochain, faisons reculer tous ensemble le Front National. Vous connaissez mes convictions. Je n’en changerai pas. Je ne cache pas qu’à bien des égards le nouveau monde dont on nous rebat les oreilles depuis deux ans me paraît pire que l’ancien. Mais vous connaissez mes valeurs. Nous les partageons. A la rentrée, il nous restera six mois pour les voir disparaître ou triompher. C’est pourquoi, à partir d’aujourd’hui, j’attends de chacun de vous un sursaut, un geste, un mot pour s’engager derrière nous.

Vive Val-de-Reuil, Vive la République et Vive la France.

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