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29 JAN 2021

Actualités

Pour Val-de-Reuil, l’éducation, à l’école, c’est une priorité. Avec le Département et le Rectorat, au collège, au lycée, c’est une corvée.

Pour Val-de-Reuil, l’éducation, à l’école,

c’est une priorité.

Avec le Département et le Rectorat, au collège, au lycée,

c’est une corvée.

Trop c’est trop.Quel est le grand ou le petit timonier qui, quelque part, a juré d’avoir la peau des enseignants de Val-de-Reuil, d’en décourager les parents d’élèves et, pour les enfants, d’y arrêter l’ascenseur social. On se souvient comment, par une décision purement politicienne, pour construire de nouveaux collèges là où les électeurs sont plus dociles, dans le sud de l’Eure, et en restaurer là où, plus près de nous, il y avait un risque que l’alliance LR/LREM perdre un canton, le département, manœuvré en catimini par le ministre Lecornu, avait rayé de la carte le collège Pierre Mendès France de Val-de-Reuil.

On mesure aujourd’hui l’incommensurable dose d’incompétence et la sombre bêtise que recélait cette injustice. Nous en payons les conséquences au prix fort : saturation des collèges voisins Michel de Montaigne et Hyacinthe Langlois, recul de la mixité sociale à Alphonse Allais, dégradation des résultats aux examens, fatigue et temps de trajet allongé pour les enfants. Il semble que cela ne suffise toujours pas à ceux qui ignorent (ou feignent d’ignorer) que les établissements situés dans les quartiers de la Politique de la Ville demandent plus de moyens, plus de crédits, plus d’attention, ainsi que l’avait pourtant souligné l’actuel chef de l’État dans un fameux discours qu’il prononça à Grenoble.

Les démolisseurs de l’école laïque, gratuite et obligatoire ont donc jugé qu’il fallait passer la vitesse supérieure. Réveille-toi Jules Ferry, ils sont devenus fous ! En préparation de la rentrée scolaire 2021/2022, les prévisions d’effectifs et de moyens affectés aux établissements scolaires du second degré viennent d’être dévoilés. Classes surchargées, dotations horaires diminuées, conditions de sécurité des élèves non assurées, projets d’excellence sacrifiés, tel est le détonnant cocktail que devraient avaler collégiens et lycéens rolivalois en septembre prochain, telle est la voie ou plutôt l’impasse vers l’échec, que souhaitent tracer Département et Rectorat pour l’avenir des enfants de Val-de-Reuil, Léry, Pont de l’Arche, Poses ou du Vaudreuil. Incohérence, désinvolture et mépris se le disputent pour caractériser ces orientations néfastes auxquelles il doit être immédiatement remédié, comme je l’ai martelé, hier soir, au conseil d’administration du lycée Marc Bloch. Cette situation s’apparente à du sabotage en administration organisée. Elle ne peut durer.

Depuis 20 ans, la municipalité investit, chaque année, 2 millions d’euros en moyenne dans la réussite éducative des élèves Rolivalois. Écoles reconstruites, réhabilitées et modernisées, projets pédagogiques innovants, soutenus et financés, sorties scolaires subventionnées, classes numérisées, matériel acheté ou  remplacé, dédoublements des effectifs facilités, moyens humains renforcés avant, pendant et après les temps scolaires, davantage encore pendant les deux confinements : la Ville a fait de l’éducation la première de ses priorités. Il n’est pas un dispositif, une mesure ou une expérimentation proposée par le Ministère de l’Education Nationale en faveur de l’Education prioritaire que nous n’ayons intégré ou accompagné. Cette politique partenariale volontariste, construite avec les Inspections de circonscription ou d’académie, grâce au remarquable travail du corps enseignant, s’est traduite dans notre Ville par une hausse continue du nombre d’élèves, de classes et de professeurs.Elle n’a qu’un seul objectif : permettre à chaque élève, quel que soit son origine ou son parcours de compenser, par l’école, les inégalités de la vie. Les statistiques le rappellent : celles-ci sont, hélas, à Val-de-Reuil plus criantes que partout ailleurs dans l’Eure. Notre engagement devrait être relayé par l’ensemble de la communauté éducative. Il ne semble plus trouver, chez ceux qui ont la responsabilité d’y veiller, la moindre volonté. Pour le Département et le Rectorat, assurer l’égalité des chances est devenu une corvée.

Avec 630 élèves, au moins, dans un établissement dont on a longtemps dit qu’il ne pouvait en compter que 500 et qui n’en abritait autrefois que 400, les effectifs du collège Michel de Montaigne, à la prochaine rentrée, vont exploser.Au-delà de l’inquiétante augmentation du nombre des élèves par classe, et d’un environnement pédagogique dégradé, c’est la sécurité même des enfants  qui n’est plus assurée.Faudra-t-il attendre qu’un accident se produise pour s’en inquiéter ? La commission de sécurité a eu l’occasion, à plusieurs reprises, d’estimer que les locaux actuels, par leurs circulations inadaptées, des couloirs étroits et des toilettes en nombre insuffisant (10 en tout et pour tout), ne peuvent accueillir autant d’enfants. La limite compatible avec un accueil de qualité, déjà dépassée cette année,  va continuer d’être franchie sans qu’aucun moyen d’encadrement supplémentaire ne soit prévu pour en neutraliser les effets.Silence dans les rangs du Rectorat et du Département. Le collège Michel de Montaigne n’est, hélas, pas le seul à faire les frais de cette politique de gribouille.

Le Collège Alphonse Allais n’a, lui, conservé de son appellation REP+ que le nom. Seul collège du département de l’Eure à entrer encore dans cette catégorie, après la mise en coupe réglée de Pablo Neruda à Evreux, toute personne censée aurait pensé, sans imaginer se tromper, qu’il ferait l’objet d’une attention plus soutenue. Les élèves de Criquebeuf et des Damps, que le Département, déconnecté de toute réalité, obstinément enfermé, avait cru voir intégrer l’établissement pour diversifier les origines sociales des enfants, s’en sont allés vers l’enseignement privé. Pari perdu. En matière d’éducation, il vaut mieux tenir la barre que naviguer au hasard et jouer à la loterie. Le gâchis vire à la gabegie.La proportion de catégorie sociale défavorisée, près de 80%, n’a jamais été aussi élevée dans ce collège.Une révision immédiate de la carte scolaire est indispensable.Elle permettrait de rapatrier les élèves brinquebalés plus d’une heure dans les transports, de Pont de l’Arche à Louviers, soumis à un rythme journalier effréné, contraire à toutes les recommandations pédagogiques en matière de rythme de l’enfant, partant de chez eux à 7h15 pour n’en revenir qu’à 18h15. Ils retrouveraient ainsi, dans un établissement qui a la capacité de les recevoir, des conditions d’études favorables à leur réussite. La Ville, les parents et les enseignants le demandent. Personne ne répond.

Comme si cela n’était pas assez, les mêmes irresponsables s’en prennent maintenant au Lycée Marc Bloch. Celui-ci, il y a trois ans encore, affichait des résultats au Baccalauréat parmi les meilleurs de l’Académie et faisait pâlir les établissements rouennais assis sur leur réputation. C’était trop beau. L’établissement subit désormais la réduction de ses dotations horaires, la fermeture d’une division de seconde et des effectifs programmés pour atteindre 35 à 36 élèves par classe dès leur entrée au lycée. Pour les trois prochaines années, ce sont 163 heures d’enseignement qui seront retranchées du quota annuel dont est doté le lycée.Comment, dans ces conditions, à l’oral, en langues étrangères, dans les enseignements scientifiques, pour lesquels toutes les études internationales s’accordent à dire que nous accusons un retard important, un élève peut-il s’exprimer ? L’établissement de Val-de-Reuil, le seul, dans l’Eure, à être directement rattaché à un réseau d’éducation prioritaire renforcé, dans lequel étudient 300 élèves issus d’un Quartier Politique de la Ville, serait celui qui perdrait le plus d’heures de tous les établissements du département. Scandaleux.

Depuis trois ans, les signaux d’alarme ont tous été tirés : baisse de la réussite aux épreuves du Baccalauréat, suppression des heures d’aide personnalisée en langues, en mathématiques et en français, fin du dédoublement des heures d’enseignement moral et civique, renoncement à de nombreux projets impliquant des rémunérations en heures supplémentaires effectives.On prétexte, pour justifier rabais et coup de rabot, une baisse progressive des effectifs. Qui veut noyer son chien dit qu’il a la rage. C’est la perte d’attractivité et la baisse des moyens qui sont la cause de ce recul. Non l’inverse. Que sont devenus les programmes d’excellence, l’originalité, la rareté, la spécialité qui permettaient d’attirer des élèves de l’Agglomération et du département ? Pour combattre les inégalités, il faut éviter l’appauvrissement ou la banalité. Ce sont ces programmes, ces options, en langues rares ou anciennes par exemple, ces projets, culturels et internationaux, qui, demain démantelés, permettaient d’élever, d’émanciper, d’ouvrir à de nouveaux horizons des lycéens qui, à défaut de revenus familiaux suffisants, pouvaient en bénéficier. C’est aussi se prémunir qu’on assassine d’autres Samuel Paty. Je connais le dévouement et l’engagement sans faille des enseignants. Leur ambition est intacte. Celle, du Rectorat, en revanche, fait cruellement défaut. Il faut un réveil et un sursaut.

Alors que chacun s’inquiète des risques de décrochage et des conséquences de la crise sanitaire sur l’avenir de notre jeunesse, que le gouvernement, hier soir, par la voix du Premier ministre Jean Castex, annonçait des moyens renforcés pour les quartiers de grande précarité, je demande, que, sous l’autorité de la Rectrice d’Académie, sans prétexter pour ne rien faire l’imminence d’élections locales, qu’une réunion visant à accélérer la révision de la carte scolaire du second degré, garante de la sécurité des élèves et de l’équilibre et la mixité des effectifs dans les collèges de Val-de-Reuil, Pont de l’Arche et Louviers, soit organisée et que l’on en finisse sans délai avec les coupes budgétaires, les fermetures de division en seconde, l’absence de vision et d’ambition dont souffre actuellement notre Lycée.

19 JAN 2021

Actualités

La Ville solidaire des salariés du site de SANOFI de Val-de-Reuil

Depuis 5 heures, ce matin, une majorité de salariés de Sanofi/Val-de-Reuil participent, sur le site rolivalois du géant pharmaceutique, au mouvement de grève national visant à refuser les 3000 réductions d’emplois récemment décidés par la direction de l’entreprise et qui ont pour conséquence, en France notamment, de diminuer ses effectifs affectés à la R&D. Aucune des suppressions de poste annoncées ne concernera le site rolivalois tourné vers la production des vaccins.

C’est pourquoi cette journée, sur le site normand, a également pour objectif de dénoncer une politique salariale qui, cette année, ne proposerait aucune augmentation aux salariés de l’entreprise, tout en versant 4,7 milliards de dividendes à ses actionnaires, aucune prime à des femmes et des hommes qui, malgré leurs inquiétudes et deux confinements, n’ont jamais cessé le travail, et qui continue, pour recruter le quart de son personnel, parfois davantage dans certains services et métiers, à privilégier la précarité de l’intérim.

Marc-Antoine Jamet, Maire de Val-de-Reuil, par ailleurs Président de la commission des finances de la Région Normandie, et Jean-Jacques Coquelet, conseiller départemental de l’Eure, ont donc rencontré, en Mairie, pendant plus d’une heure, les représentants de l’intersyndicale de Sanofi.

Ils ont rappelé le lien particulier qui unit à la plus jeune commune de France, l’entreprise implantée en 1973, dès la création de la Ville. Celle-ci, qui ne comptait que 150 « pasteuriens » à l’origine, en emploie plus de 2000 aujourd’hui. Sanofi est devenu, en près de 50 ans, la première entreprise de Val-de-Reuil et la plus grande usine du département de l’Eure, 11èmedépartement industriel de France. Certes, cela tient aux 700 millions d’euros que la société a investi sur le site aux cours des dix dernières années auxquels s’ajouteront 120 millions d’euros en 2021. Mais cet effort financier, qu’il faut saluer, a été rendu possible grâce aux mécanismes du crédit d’impôt recherche proposé par l’État et que supporte les contribuables. Il faut aussi souligner qu’il a servi à renouveler, et pas toujours à accroitre, les capacités de production du site.

Les étapes de ce développement et les perspectives qu’il offre en termes d’emploi, croissance que la municipalité entend accompagner, ne sauraient justifier la réelle détérioration des conditions de travail que subissent actuellement tous les salariés de l’entreprise.Mobilisés depuis le début de la pandémie pour maintenir le niveau de production du site et permettre la vaccination contre la grippe, les salariés ont participé au véritable effort de guerre, parfois la peur au ventre de se contaminer et de contaminer leur famille, qu’impose encore la lutte contre le coronavirus.

Au terme d’échanges denses et constructifs avec la délégation syndicale venue partager avec la municipalité les revendications des salariés, Jean-Jacques Coquelet et Marc-Antoine Jamet ont souhaité, dans l’esprit de dialogue qui a toujours caractérisé l’action de la Ville, pour défendre l’emploi et préserver l’activité industrielle à Val-de-Reuil, réaffirmer la totale solidarité de la municipalité aux 2200 salariés qui travaillent quotidiennement sur le site Rolivalois. La municipalité soutiendra donc officiellement auprès de la direction du groupe.

1)                l’ouverture de discussions sur la revalorisation de la politique salariale appliquée aux employés du site et une répartition équitable de ses profits entre actionnaires et salariés ;

2)                la résorption de la précaritéet la fin du recours systématique aux contrats d’intérim pour abaisser la proportion de celui-ci de 25% à 8%.

3)                le versement d’une prime exceptionnelle aux salariés.

Au cours de l’année passée, 170 personnes, employées du site de Val-de-Reuil, ont bénéficié, à la suite d’un ou plusieurs contrats courts ou en intérim, d’un contrat à durée indéterminée. Ce travail, déjà, engagé doit se poursuivre et s’accélérer pour permettre à chacun une plus grande stabilité et un environnement professionnel apaisé.

La direction du site de Val-de-Reuil a indiqué, dans l’après-midi, au Maire de Val-de-Reuil qu’elle allait faire baisser son taux de précarité à 15% en 2021, qu’elle affirmait avoir versé une prime à 2100 salariés, (de 1500€ pour 1400 d’entre eux) et qu’elle entendait proposer aux salariés des augmentations de salaire sur une base allant au-delà du double de l’inflation.

L’industrie de la Santé est au cœur de la réussite économique de Val-de-Reuil. Avec des salariés, à l’implication valorisée, à l’effort mieux rétribué, bénéficiant de meilleures conditions de travail, elle participera davantage au recul l’épidémie et de la crise qui l’accompagne.

À titre personnel, Marc-Antoine Jamet a déclaré :

« Sur le fond, je suis catastrophé par la ratage industriel que constitue le retard pris dans la mise sur le marché du vaccin anti-covid que devait mettre au point Sanofi. Je ne peux m’empêcher de rapprocher ces délais non prévus, non seulement de la pénurie de doses que connaît notre pays actuellement et de la lenteur inacceptable des campagnes de vaccination, mais aussi de la pression économique et sociale que fait peser l’entreprise sur ses salariés. Sans méconnaître les difficultés en termes de validation réglementaire et de propriété industrielle qu’entraînerait cette coopération inédite, je souhaiterais que les capacités de production, qui seraient inemployées dans l’industrie française de santé, soient utilisées à la fabrication du vaccin Pfizer. Dans la forme, par ailleurs, ceux qui, comme moi, rencontrent les salariés de Sanofi chaque semaine et les défendent depuis des années, s’interrogent sur la présence miraculeuse sur le piquet de grève, durant quelques brèves minutes, à la veille des élections départementales et régionales, d’un soutien de la 25ème heure, entouré de caméras, plus connu pour être « l’idiot utile » de la Macronie qu’un atout dans les luttes sociales ».

 

11 NOV 2020

Actualités

11 NOVEMBRE – Retrouvez ici le discours que j’ai prononcé ce matin, à 11 heures, au Monument Mémoire et Paix, à Val-de-Reuil, à l’occasion du 102ème anniversaire de l’Armistice de 1918

Commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918

Discours de M. Marc-Antoine JAMET,

Maire de Val-de-Reuil et Officier de la Légion d’Honneur

Monument « Mémoire et Paix »

Mercredi 11 novembre 2020 – 11h00

 

Chers concitoyens, chers collègues et chers amis, nous voici à nouveau réunis dans cette crypte à ciel ouvert entre la forêt, les champs et la rivière aux accents de quelques hymnes américains qui nous permettent de saluer la victoire de Joe Biden, rare bonne nouvelle dans un océan de morosité.

Élever au grand jour ce qui, d’ordinaire, est souterrain, entourer de hauts murs un monument qui, ailleurs, se dresse au milieu des esplanades et des places, préférer, pour se recueillir, l’alliance du gazon et du béton plutôt que l’architecture pesante des obélisques, des urnes et des gisants, célébrer l’avenir, à travers la mémoire et la paix, quand d’autres ne commémorent que des conflits anciens et les souvenirs perdus du passé, voici bien quelques-uns des paradoxes qui forgent la singularité de Val-de-Reuil, ville nouvelle qui ne déteste pas les rituels, cité contemporaine qui respecte les traditions.

Cette cérémonie et ce sanctuaire nous sont donc familiers. Trois fois par an, le 8 mai avec le printemps, le 14 juillet dans la chaleur de l’été, le 11 novembre sous un ciel menaçant, ils nous rassemblent. J’y suis avec vous depuis 20 ans. Je n’ai pas vu le temps passer. Probablement parce que ces moments d’unité sont importants.

Cependant, depuis qu’un virus nous soumet aux hasards de sa loi, rien n’est plus pareil. L’épidémie est devenue notre quotidien. Contaminations, hospitalisations, réanimations, inhumations, de couvre-feu en confinement, vague après vague, c’est à ce rythme que, désormais, nous vivons. Au jour le jour. A l’école, en famille, au travail, dans les commerces, la maladie fait son tri et ses ravages, autrefois lointains, se constatent sur notre territoire, parmi nos proches, jusque dans nos rangs. Faute d’un médicament, le meilleur moyen d’en guérir reste encore de ne pas en être atteint…

Aujourd’hui l’annonce faite par Pfizer d’un vaccin est un formidable espoir pour l’humanité toute entière. Mais, sans même évoquer ses effets secondaires et sa durabilité, il recèle, sa part de doute et de cruauté. S’il ouvre la possibilité d’un recul et, pourquoi pas, d’une disparition de l’épidémie, il ne pourra y parvenir, dans notre pays, qu’au terme des six prochains mois. 40.000 personnes en sont déjà décédées au cours des six derniers. C’est dire que, dans l’intervalle qui nous séparera de l’immunité quasi générale, naturelle ou provoquée, chaque semaine, au moins jusqu’à noël, nous compterons de nouveaux morts par centaines, souvent les plus faibles et les plus âgés, parfois les plus pauvres d’entre nous : tous ceux qu’une Nation démocratique et développée par un dispositif de santé publique fondé sur la priorité donnée à un système hospitalier performant et financé, performant parce que financé, à une médecine de ville écoutée et soutenue, soutenue parce que écoutée, aurait dû mieux protéger.

Alors ne relâchons pas nos efforts : conservons ce masque insupportable et indispensable en toute occasion, évitons les contacts et les réunions, limitons nos déplacements, pour les autres, pour nos parents et nos proches, pour ceux qui sont plus vieux ou plus fragiles, pour nous-mêmes après tout, continuons d’adopter urbi et orbi, sur le marché ou en mairie, les gestes-barrière parce que ce sont les seuls qui vaillent et les seuls qui sauvent. Soyons responsables parce que prudents et vigilants. Nous nous épargnerons ainsi bien des tourments.

C’est au nom de cette obligation que, comme pour la commémoration de la victoire de 1945 sur la barbarie nazie, voici six mois, nous avons décidé que cette manifestation républicaine et patriotique, même si elle devait avoir lieu, se tiendrait à huis-clos. Pour autant, dans nombre de communes, elle a été purement et simplement annulée. Ce n’est pas le choix que nous avons fait. Il m’appartient de le justifier. Devant vous qui êtes mes collègues et mes compagnons. Devant les habitants que je salue et qui peuvent nous rejoindre sur le compte FaceBook de la Ville et qui, à chaque fois que nous leur avons proposé, ont été plusieurs milliers, en direct ou en différé à nous suivre avec intérêt, curiosité ou amitié.

La raison fondamentale de ce maintien n’est pas très compliquée à trouver. Elle est inscrite au début de l’article 1ernotre constitution. « La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Ces valeurs sont permanentes et universelles. Il n’y a pas d’éclipses ou de repos pour la liberté, l’égalité, la fraternité. Élus du suffrage universel, nous en sommes pendant six ans les ambassadeurs : au conseil municipal, dans les cours d’écoles, à chaque manifestation, sur le parvis des usines ou du théâtre, aux mariages et, parfois, aux enterrements, dans chacun de nos gestes et à l’occasion des fêtes nationales. La crise ne doit rien y changer. Notre pays nous a donné de petits cailloux blancs. Ce sont ceux de la démocratie, de la solidarité, de l’égalité des chances et de la justice sociale, ceux de la tolérance et de la bienveillance également. Ils ne doivent pas rester égoïstement, paresseusement, dans nos poches. Partout où nous allons, nous devons les répandre sur le sol et dans les esprits pour permettre à tous nos compatriotes, à tous nos administrés de toujours retrouver le seul chemin qui compte : celui du « vivre ensemble ». C’est notre rôle. C’est notre mission.

Seconde raison que vous partagerez, je l’espère, ces rendez-vous sont ceux que nous fixe la France à l’intérieur de frontières et de paysages que vingt siècles ont façonnés. Ces instants, d’une certaine façon, nous y sommes convoqués par l’Histoire à l’invitation, à l’imitation des figures, des héros et des modèles qu’elle nous a légués. Ce sont de justes habitudes, de nobles coutumes dont, comme la pratique de notre langue, nous avons hérité, soit par la naissance, grâce aux automatismes du sol ou du sang, soit par préférence et par l’intégration, seule perspective raisonnable à moyen terme, pour ceux qui ont volontairement obtenu notre nationalité ou choisi de s’associer durablement à la communauté française. C’est de ce creuset qu’est extrait l’alliage de notre identité partagée, non pas au-delà, mais au-dessus des races et des origines.

Dans les champs qui nous entourent et que l’INRAP soumet à la souffrance de ses fouilles incessantes, il reste un peu de Vercingétorix et de Clovis, de Bouvines, de Crécy et d’Azincourt, des comptoirs de Montcalm et de Dupleix, de l’éclat du roi soleil et du tumulte de la Grande Révolution, des drapeaux du pont d’Arcole et de la Commune de Paris, des poilus de Verdun et des mutins de Craonne, des maquis du Vercors et des martyrs de Birkenau, de Jaurès, Blum et Mendès France, qu’il faut citer en ce centenaire effacé du Congrès de Tours, de la colonisation et de la juste émancipation des peuples qui la rejetèrent, des trente glorieuses, de notre fondateur Georges Pompidou et des barricades de mai 68, de la construction de l’Europe, de l’abolition de la peine de mort et de François Mitterrand, de la libération des femmes dont la Panthéonisation de Gisèle Halimi pourrait rappeler aux jeunes générations étonnées qu’elle fut, il n’y a pas si longtemps, une longue marche contre le conservatisme et les idées installées. A Val-de-Reuil, très localement, très modestement, très fièrement, nous sommes demeurés propriétaires d’une part de ces actes, de ces dates et de ces mots.

Ce n’est pas rien. C’est pourquoi la Ville est pavoisée de bleu, de blanc et de rouge. C’est pourquoi la Marseillaise va retentir. Nous sommes ici les porteurs de cet imaginaire tricolore, de ce récit national et nous devons le transmettre à nos enfants. Il y a encore des chapitres à écrire de l’épopée hexagonale. Plus réjouissants et plus enthousiasmants que les tristes épisodes que, sans boussole et sans horizon, nous vivons depuis quelque temps. Comment sauraient-ils que là leur devoir, si nous ne laissons pas le livre ouvert sous leurs yeux.

Qui plus est, si nous ne nous mobilisons pas pour rappeler que ces symboles sont les repères de la Nation toute entière, d’autres, moins bien intentionnés, auront tôt fait de les confisquer transformant des faits indiscutés en « détails de l’Histoire » à leur petit profit. Je vous assure, femmes et hommes, nouveaux et anciens conseillers, que nous faisons œuvre utile en donnant pour cette heure sacrée de notre temps et de notre énergie à la collectivité.

Clemenceau en parlant des anciens combattants disait : « ils ont des droits sur nous ». Chaque 11 novembre, dans une trentaine de pays, la plupart restés ou devenus alliés et amis, les 18 millions de morts, civils et militaires, de la première guerre mondiale se rappellent à nous. Aucun survivant, évidemment, n’existe plus qui puisse dire ce qu’a été cette boucherie, mais il est une sépulture qui, depuis exactement cent ans ce matin, depuis le 11 novembre 1920, abrite un combattant français, pour toujours inconnu et à jamais illustre. Un bouquet de fleurs déposé sur son cercueil le désigna pour reposer au pied de l’Arc-de-Triomphe. Vers lui doit aller, quelles que soient les circonstances, notre reconnaissance. Nous ne pouvions, au prétexte de nos peurs ou de nos craintes, refuser de lui rendre notre hommage, enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants de ceux qu’il contribua à défendre, jusqu’à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l’année 1918, jusqu’à ce que retentit dans les tranchées le clairon sonnant la fin des hostilités.

Tout comme il était impossible de ne pas s’incliner devant l’ombre géante du Général de Gaulle, né il y a 130 ans, mort il y a demi-siècle, après avoir, par deux fois, le 18 juin 1940 et le 1erjuin 1958, au-delà des clivages et des controverses, incarné la France et permis, avec son panache et sa vision, ses excès et sa démesure, qu’elle renaisse, qu’elle ressuscite aux yeux du monde.

Comment ne pas saluer enfin, comme l’a fait dans son message la Ministre en charge de la mémoire, la dépouille de l’écrivain solognot et académicien français Maurice Genevoix qui, aujourd’hui, franchira pour l’éternité le seuil de l’ancienne église plantée au sommet de la Montagne Sainte-Geneviève emmenant avec lui « Ceux de 14 », ceux de la colline des Éparges où il fût frappé de trois balles, ceux qui ont subi pendant cinq ans, jusqu’à l’armistice signé à Rethondes, la faim, le froid, le feu qui blesse, qui ampute et qui tue. Aux grands hommes la patrie reconnaissante !

A ceux tombés dans les tranchées, il faut fédérer ceux tombés en mai 1940, ceux de Londres, de la résistance autour de Jean Moulin ou du Parti Communiste, ceux du débarquement en Provence et des armées françaises qui, avec De Lattre, Koenig, Leclerc et Juin, marchèrent de Rome à Strasbourg, de Paris libéré à Berchtesgaden, ceux qui perdirent la vie en Indochine et en Algérie face à des peuples qui s’émancipaient de notre tutelle, ceux de la division Daguet durant la guerre du Koweït et de notre Marine Nationale dans le Golfe Persique, ceux des interventions au Tchad, au Zaïre, en Côte d’Ivoire ou en Centrafrique, des opérations au Liban, dernier pays où on exécuta, sans être autrement puni, un ambassadeur de France, en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Lybie, en Irak et en Syrie, ceux qui se battent aujourd’hui au Niger, au Burkina et au Mali contre le terrorisme pseudo-islamiste.

A l’invitation du Président de la République, je veux citer devant vous pour que nous retenions leur nom les chefs de bataillon et d’escadron Clément Frison-Roche, Benjamin Gireud, Nicolas Mégard et Romain Chomel de Jarnieu, les capitaines Pierre-Emmanuel Bockel et Alex Morisse, le Major Julien Carette, les adjudants Alexandre Protin et Jérémy Leusie, les maréchaux des logis-chef Valentin Duval, Antoine Serre et Romain Salles de Saint-Paul, le maréchal des logis Andy Fila, les brigadiers Tojohasina Razafintsalama et Arnaud Volpé, les légionnaires Andreï Jouk, adjudant, Volodymyr Rybontchouk, caporal-chef, Dmytro Martynyouk, brigadier-chef, Kévin Clément, brigadier, tous morts pour la France, contre le djihadisme, le fanatisme et l’obscurantisme. C’est à eux, probablement qu’il faudra dédier la minute de silence que nous allons respecter dans un instant après avoir entendu la sonnerie aux morts.

A eux et à d’autres qui ne pouvaient imaginer que la bataille que ces soldats livrent pour la démocratie, se poursuivrait sur notre territoire, à la porte de nos églises et de nos écoles. Nous nous sommes tous arrêtés, voici deux semaines, pour marquer notre émotion devant le lâche assassinat d’un professeur d’histoire et de géographie à Conflans-Sainte-Honorine. Notre colère ne doit pas retomber. Samuel Paty avait étudié pour que les autres apprennent, parlait pour d’autres s’expriment, disait la vérité pour faire reculer le mensonge. C’était ainsi qu’il concevait son beau métier d’enseignant. Il en est mort, tué, non par l’Islam, mais par un fanatique borné, par un imbécile embrigadé, par un criminel attardé que rien n’excuse. Nul sur cette terre n’a le droit d’enlever la vie à qui ce soit, pas plus au nom d’une religion que d’une autre opinion, pour un dessin ou pour quelque autre raison.

C’est pourquoi, pas davantage que nous n’avons oublié le meurtre du père Hamel, en Normandie, à vingt kilomètres d’ici, nous n’oublierons ceux commis à Nice du sacristain Vincent Loquès, de Simone Baretto-Silva et de Nadine Devillers, victimes innocentes de la haine et de la bêtise conjuguées dans un cerveau manipulable. Pas plus que les morts de Vienne, les étudiants de Kaboul, les élèves de la Madrassa de Peschawar, tous musulmans, les familles du Cameroun ou du Nigéria tuées par Boko Haram, celles du Mali et du Niger exterminées par Daech ou Al Qaïda. Ce ne sont certainement pas les mosquées qu’il faut fermer, mais la folie et la violence qu’il faut éradiquer.

Complémentaire de la plus extrême fermeté, il n’y a pour cela qu’une seule voie. J’en suis intimement et politiquement persuadé. Donner aux femmes et aux hommes, sans exception, les instruments du libre-choix, du libre-arbitre, de la libre-détermination, loin des archaïsmes, des pesanteurs et des préjugés. C’est ce que nous nous efforçons de faire, à notre échelle, avec les compétences qui nous sont données, à Val-de-Reuil, en veillant sur les Rolivalois et en leur donnant des moyens pour se prémunir autant que faire se peut du virus, en maintenant le service public ouvert au CCAS, aux services techniques ou en mairie, en nous appuyant sur une police municipale agissante et aux effectifs augmentés, en étant aux côtés de nos instituteurs et de nos professeurs de la maternelle au lycée, en aidant nos commerçants et nos artisans, en soutenant nos entreprises, en encadrant nos jeunes, en offrant au plus grand nombre sports et culture, en réclamant le renforcement de notre commissariat, en n’arrêtant aucun des grands chantiers publics ou privés qui modifieront la physionomie de notre ville demain, le complexe Léo Lagrange, de nouveaux logements, le skate-park, la rénovation du Quartier de l’Andelle aux normes de l’éco-quartier, un budget solide et une dette remboursée, des entreprises implantées, l’école Victor Hugo, des pistes cyclables, des résidences pour personnes âgées et une promenade des Tilleuls devenue coulée verte.

Tout cela et beaucoup d’autres choses sont enclenchées et nous saurons les terminer pour l’amélioration de nos conditions et de notre cadre de vie. Ce succès n’est pas à mettre au crédit de tel ou tel. Il n’est pas de bonne gestion sans bonne équipe. Puisque nous sommes entre nous et que les Rolivalois sont, par la force des choses, un peu éloignés, je voudrais vous remercier, anciens conseillers ou élus fraîchement désignés, femmes et hommes de bonne volonté, progressistes, écologistes, socialistes, radicaux ou tout simplement désireux de travailler et d’avancer avec moi pour notre Ville, de la bonne ambiance et du bon esprit dont vous faites preuve, des initiatives et des idées que vous apportez, de l’exemplarité et de l’effet d’entrainement que cette attitude provoque, de votre implication et de votre engagement, de votre fidélité et de votre loyauté aux valeurs qui, comme ce sera le cas aux prochaines départementales, ont conduit notre liste à la victoire. Face à nos adversaires et face à l’adversité, nous avons deux armes collectives : la solidité et l’unité. Pour nos concitoyens, nous n’avons qu’un seul objectif : le bonheur de chacun.

Vive Val-de-Reuil, Vive la République, Vive la France.

12 OCT 2020

Actualités

« Des états généraux pour une relance généreuse » – Introduction aux États Généraux de la Cosmétique jeudi 15 octobre 2020 – Université de Paris Sorbonne – Cloître des Cordeliers.

Des États Généraux pour une relance généreuse

L’industrie cosmétique française entre dans une semaine décisive. Avec l’organisation du salon eC360, les 12 et 13 octobre 2020, 6èmeédition, cette année numérique, de la seule manifestation de ce type sous gouvernance française et placée sous le signe de l’innovation, avec la révélation des deux prix, académique et grand public, des Cosmetic Victories, cette semaine va être pour notre industrie celle de la relance et du rebond économiques. Elle va être, aussi et surtout, celle des premiers États Généraux de la Cosmétique.

Il nous semblait indispensable, en effet, de prendre la parole, nous d’ordinaire si discrets, d’avoir ce temps de réflexion, de proposition et d’action pour plusieurs raisons. Certaines sont évidemment conjoncturelles. Si l’industrie cosmétique a moins souffert que le reste de l’économie nationale des conséquences de l’épidémie que nous subissons, elle a connu au second trimestre 2020 une baisse de chiffre d’affaires qui, heureusement, ne devrait pas se confirmer, ainsi qu’une diminution de ses exportations que le redémarrage asiatique vient limiter. Il n’en demeure pas moins que les effets de ce ralentissement ont pu être importants tout au long de la chaine de valeur. Bien des PME, le secteur du maquillage, la distribution par les instituts de beauté, le travel retail, des sociétés naissantes, parmi d’autres, en ont souffert. Elles en paieront durablement les conséquences.

Mais d’autres raisons, plus profondes, plus structurelles, justifiaient aussi ce rassemblement. L’évolution du marché d’abord. Si on ne peut parler de ruptures, la crise que nous connaissons a favorisé l’accélération de transformations que nous vivions déjà. Le besoin de personnalisation, la force de la digitalisation, l’essor de la naturalité se font chaque jour davantage sentir. Circuits courts, économies dans les consommation d’eau ou d’énergie, lutte contre le gaspillage s’imposent à juste titre. Les transitions écologiques et numériques sont en marche. Elles sont porteuses d’une transformation sociétale, comportements, habitudes, modes, que notre secteur ne peut ignorer.

L’attitude des pouvoirs publics ensuite. La considération insuffisante dont fait l’objet une industrie qui emploie 250.000 personnes et contribue au deuxième solde positif de la balance commerciale de notre pays, les incertitudes et les manœuvres qui entourent la création d’une marque générique à l’export dans la dynamique de Choose Francel’impossibilité à être entendus comme une filière à part entière écartelés que nous sommes entre luxe, santé et hygiène, sont des obstacles que la situation ne rend plus acceptables.

Une prise de conscience économique enfin. Si notre pays reste le leader à l’export de la cosmétique mondiale, il voit ses parts de marché parfois s’effriter sous les coups de butoir de nos compétiteurs anciens, japonais ou américains, de nos amis et rivaux européens, toujours agissants, de nouvelles concurrences qu’elles soient coréennes, taiwanaises ou brésiliennes pour ne citer que les plus émergentes.

Face à cette situation, il était de notre responsabilité et de notre mission, pôle de compétitivité chargé par l’État d’animer notre filière industrielle à l’échelle nationale et dans une dimension européenne, de réagir et d’agir. Nous avons donc entamé un processus de rassemblement, qui ne soit pas seulement de résistance et de résilience, mais qui organise une véritable relance,en dise les conditions, en montre le chemin. Pour ce faire, nous avons mobilisé nos adhérents, ils sont près d’un millier dans toute la France et dans tous nos métiers, à 85% composés de PME, mais aussi de grands groupes, de laboratoires privés ou publics, d’universités, de la formulation à l’expédition, des ingrédients aux présentoirs, alerté nos alliés et amis de la FEBEA et de la CNEP, réuni les régions, la majorité, qui nous soutiennent, rameutés nos partenaires, l’ADEME, la BPI, l’IFOP, Business France, le CNRS, etc.

Cette coalition, gage d’efficacité, de diversité et d’originalité, établie, le travail pouvait commencer. Il s’est enclenché avant l’été par des contributions arrivées par centaines. Elles ont été réparties dans des groupes d’analyse qui ont sélectionné des pistes de travail en fonction de leur sérieux, de leur faisabilité, de nos priorités. Au terme de ce parcours et d’un examen collégial, une trentaine de propositions apparaissent qui seront révélées jeudi 15 octobre, au cloître des Cordeliers, lors de nos États Généraux.

Un premier tiers d’entre elles consistent à s’inscrire, avec nos particularités, dans le plan de relance du Gouvernement. Un second tiers aboutit à l’accélération et au renforcement d’opérations que nous avions testées ou expérimentées et qui doivent être généralisées. Un dernier tiers est composé d’initiatives nouvelles qui demandent engagement et audace. Financement des PME, aides à l’international, création d’indicateurs et de rendez-vous, renforcement des projets de recherche, synergies scientifiques, aucune direction n’est négligée. Ces propositions vont constituer un rapport. Il sera remis aux ministres de l’économie et des affaires étrangères, de l’industrie et du commerce extérieur.

Ce n’est qu’une étape. Il revient maintenant aux pouvoirs publics de s’en emparer, de les discuter avec les professions, de nous répondre et de les mettre en œuvre.

Marc-Antoine JAMET

Président de la Cosmetic Valley

12 OCT 2020

Actualités

« L’innovation, talisman de la cosmétique, pour surmonter la crise » – Introduction au salon e.Cosmetic 360 des 12 et 13 octobre 2020

L’innovation, talisman de la cosmétique, pour surmonter la crise 

L’épidémie que subit la planète entière a accéléré les transformations que connaissaient déjà l’industrie et le marché des cosmétiques davantage qu’elle n’a été à l’origine de ruptures nouvelles ou inattendues.

Un secteur touché, comme toute l’économie, mais moins que toute l’économie, mobilisé et confiant en son avenir : 

  • Si les ventes de cosmétiques ont souffert du fait des conséquences du télétravail ou du port du masque, celles des produits d’hygiène et de soin ont augmenté de 50 %. Si l’Europe affiche des résultats à la baisse, l’Asie, notamment la Chine a vu sa demande progresser. Chiffres d’affaires et exportations des entreprises françaises ont fléchi, notamment pour les PME, mais moins que ceux des autres filières ou de l’économie en général. Les habitudes de consommation ont évolué. Leurs achats se sont dirigés vers des produits de maquillage adaptés au port du masque (mascara, rouge à lèvre longue tenue, fard à paupières, etc.) et des produits de soin traduisant la volonté de faire mieux attention à soi. Le confinement a vu les femmes consacrer moins de temps à leur maquillage, tandis que les visio-conférences incitaient les hommes à veiller sur leur apparence. Les instituts de beauté ont souffert, mais pharmacies et grandes surfaces ont tiré leur épingle du jeu. Le travel retaila dépéri tandis que la vente en ligne prospérait. Les produits qui passaient comme des comètes ont vu leur attractivité diminuer, tandis que les marques établies sont redevenues des repères.
  • Cette capacité d’adaptation n’est pas étonnante. Protégé par les dimensions quasi civilisationnelles, culturelles, éternelles des cosmétiques, des soins, du maquillage, au-delà de cette pandémie, d’autres crises, par le passé, ont montré à quel point, notre secteur pouvait être résistant et résilient. Cela prendra certainement du temps (faudra-t-il attendre 2022 ou 2023 ?), mais nous savons que les grands groupes, comme les TPE et PME, sauront s’adapter et innover. Cela passera naturellement par de l’entraide, entre les acteurs de la filière (certains géants ont ainsi devancé leurs commandes de fin d’année à leurs fournisseurs…) et, comme en Corée, comme à Taiwan, comme au Japon, par un soutien des pouvoirs publics français manifestement pas assez conscients que la cosmétique française, avec une production supérieure à 40 milliards d’euros, second solde exportateur de la France derrière l’aéronautique, bien que leader mondial, a besoin de leurs aides pour assurer la pérennité financière de ses PME, augmenter le nombre de ses projets de recherche collaboratifs ou se développer à l’international.
  • Sans doute faudrait-il que chacun conserve à l’esprit que la force du secteur et sa capacité d’évolution se sont formidablement exprimées pendant le confinement lorsque tous ceux qui le pouvaient, ont converti leurs lignes de productions pour fournir en gel hydro-alcoolique non seulement les professionnels de santé, mais aussi le grand public.
  • C’est pourquoi il nous est apparu juste que le pôle de compétitivité Cosmetic Valley, chargé par l’État d’animer notre filière à l’échelle nationale, organise, avec ses partenaires (CNRS, ESSEC, FEBEA, CNEP…), en invitant tous les acteurs de notre industrie, mais aussi les responsables gouvernementaux, scientifiques, environnementaux, européens dont elle dépend, cette « semaine de la relance». Elle verra en moins d’une semaine la tenue, sixième édition entièrement digitale, du salon eC360, les 12 et 13 octobre, la remise des Cosmetic Victories et, surtout, le 15 octobre, hébergé par la Sorbonne à Paris,  au Cloître des Cordeliers, les États Généraux de la Cosmétique. A travers ces trois événements qui réuniront l’ensemble des acteurs industriels et économiques qui participent à notre activité, nous souhaitons trouver de véritables solutions pérennes pour favoriser le rebond d’un secteur qui est une vitrine française à l’étranger et qui emploie près de 250 000 personnes en France.

L’innovation sera la pierre angulaire de cette reprise

  • Depuis longtemps nous pensons que l’innovation est le talisman de la cosmétique. La R&D est essentielle à notre travail. Nos équipes sont composées de nombreux scientifiques. La volonté de découvrir est au cœur même de leur travail. En moyenne, les effectifs des entreprises de notre secteur investis dans cette mission sont 3 à 4 fois supérieurs à ceux de la moyenne des entreprises françaises.
  • Si cette innovation peut-être technologique, ce n’en est qu’une infime partie. Elle porte aussi et avant tout sur les ingrédients, les packagings, les matières premières, les services, etc. Nous l’avons vu au cours des derniers mois. Clients, commerçants et producteurs se sont très vite adaptés dans les magasins et sur internet à un nombre de plus en plus grand d’applications et d’appareils connectés. Tester virtuellement des cosmétiques, essayer numériquement des maquillages est devenu une habitude.
  • Notre volonté d’innovation s’est également traduit par l’essor de la naturalité, le désir de participer à la protection de la biodiversité, le retour des circuits courts, dans la green beauty, la tech beauty, le safety & healthy. Ce point est aujourd’hui central dans le développement de nouveaux produits et services. C’’est une demande forte de nos clients. Ils souhaitent, en ces temps troublés, des produits plus sains, plus respectueux de la planète, etc. Du côté des fabricants, cet enjeu est tout aussi important et, depuis longtemps, la Cosmetic Valley, a la profonde conviction que notre meilleur atout est et sera le Made in France et ses quatre piliers (authenticité des produits, sécurité des consommateurs, protection de l’environnement, performance de l’innovation).

Une opportunité unique d’accélérer encore la transformation numérique et développer le e-commerce

  • Si la performance du e-commerce peut être variable d’un groupe ou d’une marque à une autre, il y a une certitude : il a considérablement accéléré avec des chiffres de croissance allant de + 40 % à, parfois, + 100 %. De tels chiffres interpellent. Ils signifient deux choses : que nous partons de loin – il faut le reconnaître – mais aussi qu’il y a une véritable opportunité à saisir et urgence à accélérer cette transformation digitale afin de permettre aux clients de se sentir aussi bien sur un site internet que dans une boutique.
  • En revanche, il faut être conscient que cette explosion du e-commerce ne permettra pas de compenser les pertes subies ailleurs dans l’immédiat. C’est la raison pour laquelle, il ne faut pas penser seulement digital ou seulement physique, mais omnicanal. Aujourd’hui, nous devons être capables de proposer une offre et une expérience similaires à nos clients qu’ils se trouvent en boutiques, sur leur ordinateur, sur leur smartphone ou n’importe où ailleurs !
  • Avec le soutien de l’emploi industriel – de l’emploi durable et qualifié dans nos sites de production français – la transformation numérique déjà bien enclenchée doit être un axe fort pour sortir de cette crise par le haut.

Tenir compte de la planète et de l’internet, suivre les aspirations des consommateurs vers plus de naturalité, plus de digitalisation, plus de personnalisation, être un acteur économique socialement responsable et industriellement performant, ce sont les défis qu’il nous faut relever. Nous en étions déjà convaincus. L’épidémie renforce ce sentiment. C’est cela qui nous pousse à faire le pari de cette « innovation en pleine conscience ».

Marc-Antoine JAMET

Président de la Cosmetic Valley

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