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29 JUIN 2018

Actualités

COSMETIC VALLEY EN POLE POSITION : DIX OBJECTIFS POUR ENVISAGER L’AVENIR INDUSTRIEL DE LA FRANCE

 

COSMETIC VALLEY EN POLE POSITION :

DIX OBJECTIFS POUR ENVISAGER L’AVENIR INDUSTRIEL DE LA FRANCE

 

Alors que le Premier ministre Édouard Philippe vient d’annoncer le lancement de l’appel à candidatures, dit « de phase IV », à l’issue duquel seront sélectionnés les grands pôles de compétitivité de l’avenir, COSMETIC VALLEY et son Président Marc-Antoine JAMET ont souhaité prendre les devants. À la faveur de leur Assemblée Générale, organisée ce 28 juin en Normandie, au Théâtre de l’Arsenal de Val-de-Reuil, dans l’Eure, et, devant 200 chefs d’entreprise, représentants des universités, laboratoires de recherche, établissements de formation et partenaires, ils ont défini les dix objectifs qui permettront au pôle de franchir collectivement une nouvelle étape. La parfumerie-Cosmétique française n’est pas le nucléaire, ni l’aéronautique, mais, sur un marché de 430 milliards d’Euros et face à 6 milliards de consommateurs, elle rappelle son rôle essentiel dans la constitution du second excédent commercial du pays et l’animation de 200.000 emplois.

1.Garder une place de leader mondial : la France n’est pas le plus vaste marché au monde, ni l’acteur le plus compétitif de l’économie de la parfumerie-cosmétique, mais elle doit continuer de faire la course en tête dans son secteur grâce aux quatre piliers (innovation performante, protection de l’environnement, authenticité des matières premières, sécurité du consommateur) d’un Made in France qu’elle a su constituer et d’une culture de l’excellence, mais aussi de la tradition, dont elle sait jouer. La Cosmetic Valley, en veillant à la qualité de ses partenaires internationaux, comme le Japanese Cosmetic Center de Karatsu, en ne se dispersant pas dans des structures parallèles, doit prolonger cette stratégie victorieuse.

2.Agir au niveau européen : si le pôle a déjà su rassembler dans des structures d’inter-clustering ses partenaires de l’Union, il doit ne pas se disperser et désormais dialoguer directement avec Bruxelles pour définir à l’échelon continental des axes et des financements de recherche. A l’initiative de Cosmetic Valley, en partenariat avec 4 clusters européens (Portugal, Roumanie, Espagne, Italie), le projet pilote Cosmetic4Well-Being a ainsi été retenu par la Commission européenne dans le cadre du programme COSME pour la compétitivité des PME. A travers un cluster européen, ESCP-4i (European Strategic Cluster Partnership-going international), il mettra en œuvre une stratégie d’accompagnement et d’internationalisation des PME de la cosmétique. D’une durée de 18 mois, il est doté d’un financement de 199.223 euros. C’est l’exemple même de ce qu’il faut faire.

3.Parfaire la qualité d’un maillage régional : en passant d’un simple pôle de territoire à un pôle de filière, mission confiée par l’État, la Cosmetic Valley a changé d’échelle et d’ambition. En s’appuyant sur son réseau de Domaines d’excellence stratégique territoriaux, les fameux DEST, elle a su identifier et spécialiser chacune des collectivités qui l’ont accompagnée. Elle a trouvé une nouvelle dimension avec la création d’antennes régionales, comme à Bordeaux ou à Caen, en développant des accords outre-mer autour de la cosmétopée, notamment en Polynésie, en ouvrant de premières négociations avec les régions PACA, Bretagne et Hauts-de-France, en coopérant avec des pôles complémentaires, comme Glass Valley/ Vallée de la Bresle. Elle doit pour poursuivre ce travail de réseau être confirmée, par ses efforts comme la reconnaissance des pouvoirs publics en tant que seul pôle stratégique français dans son domaine.

4.Digitaliser ses actions : le numérique, pour la parfumerie-cosmétique comme pour n’importe quel secteur industriel majeur, ne peut être un décor ou un… vernis. La numérisation des activités du pôle doit se poursuivre : big data, objets connectés, tutoriels. 10% de ses projets collaboratifs doivent désormais s’inscrire dans cette nouvelle économie concrétisée par un incubateur à Chartres installée avec la ville et la CCI d’Eure-et-Loir. Leur priorité doit se voir sur ses plateformes technologiques comme Cosmet’up. C’est pourquoi, comme un symbole, comme un signe, les startupers disposeront, en 2018, d’une place éminente au salon international Cosmetic 360, les 17 et 18 octobre prochains, au Carrousel du Louvre à Paris. Ainsi seront présentées 200 innovations venues de 56 pays, devant 5000 visiteurs, pendant que se dérouleront 170 rendez-vous d’open innovation sans oublier un extraordinaire hackathon sponsorisé par LVMH.

5.Densifier son tissu industriel : si l’expression « chasser en meute » recèle une agressivité qui n’est pas de mise, le pôle doit être chaque jour davantage l’outil grâce auquel les grands groupes appuient les PME et les startups (446 sont recensés dans le secteur de la parfumerie-cosmétique), les entraînent vers la connaissance et les marchés, la structure qui permet aux laboratoires publics de travailler en recherche fondamentale avec les laboratoires privés en recherche appliquée, à des concurrents de coopérer face à des rivaux étrangers souvent plus nombreux, parfois plus agiles, le label d’excellence qui attire entreprises et investissements étrangers sur notre sol formant un écosystème que, dans l’automobile, on appellerait un « tissu industriel à l’allemande ».

6.Consolider une indispensable indépendance financière : avec 70% de ressources privées (sans compter la valorisation du travail de ses administrateurs et adhérents), le pôle, depuis ses origines en 1994, a su faire face au désengagement financier progressif des pouvoirs publics et de certaines collectivités territoriales. Il doit donc continuer à développer ses recettes propres (salons, congrès, services) en veillant à conserver un fonds de roulement à la hauteur de ses engagements et à ne pas augmenter une masse salariale que cette prise de risque entrepreneuriale peut gonfler. Il ne lui faut pas pour autant négliger l’effet de levier réel des contributions publiques. Dans un contexte de compétition mondiale croissante, alors que d’autres pays, dont la Chine, la Corée, Taiwan, investissent massivement dans leur secteur cosmétique, il est important, dans une perspective de réforme fondamentale des pôles de compétitivité, qu’un cercle vertueux se mette en place entre public et privé, c’est-à-dire que l’Etat et les régions ne fassent pas disparaître leurs soutiens.

7.Intensifier les programmes de recherche : l’innovation et la performance sont l’ADN de la Cosmetic Valley. Elles doivent être sa signature pour l’avenir. Le pôle doit continuer à être la référence mondiale en matière d’inventions, de brevets, mais aussi d’audace, d’imagination et de jeunesse. Cela passe par la mutualisation des moyens et la coopération des intelligences entre tous ses acteurs. 350 projets de recherche collaboratifs ont été lancés par le pôle pour un montant de 400 millions d’euros et avec 540 partenaires impliqués : universités, laboratoires de recherche, grands groupes, PME. L’ambitieux programme de recherche et de formation Cosmetosciences, l’organisation des rencontres Connexions R&D dédiées aux échanges entre chercheurs publics et privés, et du concours international des Cosmetic Victories, en association avec l’ESSEC, le partenariat inédit dans le secteur cosmétique noué avec le CNRS, illustrent la qualité et le dynamisme des échanges entre acteurs de l’innovation au sein du pôle.

8.Communiquer mieux, autrement et plus rapidement : être leader donne des droits, mais entraîne des obligations. L’une d’entre elles est la transparence qui implique que le pôle fasse mieux connaître ses succès et ses projets, l’autre est la franchise qui devrait le conduire à prendre position sur les grands sujets qui mobilisent la profession. Sa présence dans les circuits d’information généralistes ou spécialisés doit s’affirmer. Sa capacité à publier des contenus doit se développer. Sa place sur les réseaux sociaux doit se faire plus visible. Son empreinte médiatique, au service de ses adhérents et de sa crédibilité collective, doit s’imprimer à la fois dans l’actualité et le long terme.

9.Se doter d’infrastructures adaptées : pour tenir son rang, le pôle doit se doter d’un siège à sa mesure. Après avoir intelligemment concédé l’ancien lycée Marceau à une grande école de Cosmétiques, la municipalité de Chartres propose à la Cosmetic Valley de s’installer, dans le respect des communautés éducatives, au sein du collège Jean Moulin, au pied de la cathédrale mondialement connue, et de se doter d’espaces de travail, de présentation, de colloques ou muséaux modernes qui correspondent à la réalité de son poids économique. C’est un grand chantier pour le Conseil d’Administration de l’association. Il est temps qu’il démarre.

10.Servir ses adhérents et en augmenter le nombre : ce dernier objectif sera le juge de paix et l’indicateur d’efficacité des 9 autres. A chaque conseil d’administration entre 20 et 30 candidatures sont proposées à l’adhésion. Des professions associées frappent à la porte de la Cosmetic Valley. Il faudra dans un dispositif de cotisations mesuré, profitant d’une équipe jeune, compétente, très sympathique, intelligente et dévouée, qui peut être séniorisée, leur proposer plus de services, plus d’opportunités, plus d’appuis et de soutiens, les former et les informer, les emmener à l’étranger ou leur proposer des sites de recherches adaptés. Le pôle doit être « une force qui va », surtout pas un géant impressionnant, mais immobile.

Marc-Antoine JAMET, président de COSMETIC VALLEY a déclaré : « Grâce à l’union des énergies et à des objectifs ambitieux, Cosmetic Valley est devenue le pôle de la filière et du secteur. Il s’est hissé parmi les meilleurs écosystèmes d’innovation français. De nouveaux défis nous attendent :  réussir le virage du digital, veiller à une montée en compétence de la filière, assurer le développement de la visibilité du pôle à l’international et surtout, dans un contexte de mondialisation toujours accrue des marchés comme de la concurrence, rivaliser de créativité, d’audace et d’innovation. Cette nouvelle feuille de route devra être mise en œuvre lors de la phase IV des pôles de compétitivité avec l’implication d’un maximum d’acteurs concernés, pour contribuer à maintenir la compétitivité et le leadership de la filière parfumerie-cosmétique française. C’est un enjeu que je souhaite que le Gouvernement n’oublie pas. De notre côté, nous devons sans attendre préparer l’avenir et les relèves, envisager les évolutions de notre pilotage et de notre gouvernance, accompagner notre croissance en nous adaptant à sa taille et à sa vitesse. »

12 AVR 2018

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Retrouvez ma réaction suite à la diffusion, mercredi 11 avril, d’un reportage consacré à Val-de-Reuil dans l’édition de 20 heures de France 2.

 

« Vision ou télévision »

Je regrette profondément le ton et les partis-pris erronés du reportage consacré à Val-de-Reuil que France 2 a diffusé mercredi 11 avril dans son édition de 20 heures. Ils ne peuvent demeurer, notamment à l’égard des Rolivalois et compte tenu du mandat qu’ils m’ont confiés, pour mettre en œuvre la renaissance et le développement de notre Ville, sans réponses ni rectifications.

Il est clair que j’avais pleinement accepté la proposition de Mme Valérie Astruc, figure réputée de cette rédaction, de réaliser un sujet sur la plus jeune commune de France. Elle souhaitait le faire à la veille de la remise au Président de la République, M. Emmanuel Macron, d’un rapport sur la Politique de la Ville. Cela m’apparaissait pertinent compte tenu de la personnalité de son auteur, M. Jean-Louis Borloo, à qui je ne dirais jamais assez notre reconnaissance pour le soutien rapide, fort et concret qu’il nous a apporté.

Je le referais donc si cette journaliste me le demandait à nouveau. Parce que, plus que jamais, il est indispensable de ne pas ghettoïser les quartiers de la politique de la ville et de les réintégrer dans la vie de la Nation. Parce que je n’imagine pas qu’un tournage puisse se faire en démocratie sous un régime d’autorisation. Parce que je me fiais au discernement, au sens de la nuance, à la capacité d’évaluer les conséquences de ses actes et de ses propos, d’une professionnelle, chef de service adjoint du service politique de la première chaine publique de télévision française.

C’est dire mon étonnement, ma tristesse et ma déception lorsque j’ai découvert qu’elle avait choisi pour étayer sa démonstration un scénario digne de Dickens ou de Zola.

Il n’était pas indispensable (et naïf) de donner aussi largement la parole à une habitante malheureusement abonnée aux différents services de police pour représenter une population qui ne se reconnaît certainement pas en elle.

Il n’était pas nécessaire (et injuste) de s’attarder, sans les lui attribuer, sur les faillites du département de l’Eure (fermeture du collège Pierre Mendès France et débâcle d’Eure Habitat) sans évoquer les nombreuses réussites municipales.

Il n’était pas normal (et pas convenable) de laisser dire que « les gendarmes étaient partis » sans vérifier cette information, ni préciser que 100 policiers les avaient remplacés, que « les pompiers étaient partis » sans corriger cette affirmation fausse d’une très légère précision : les pompiers ont été regroupés dans une caserne… à Val-de-Reuil.

En définitive, ce reportage, loin de nous aider et de nous faire mieux connaitre, nous a décrits de manière caricaturale et, ce faisant, stigmatisés davantage.

Transformer une ville difficile qui progresse et qui relève la tête en ville qui sombre et l’accepte, c’était risquer de mettre à bas 15 ans d’efforts collectifs. C’est pourtant ce qui a été fait sans y réfléchir davantage.

Heureusement, la rage donne du courage, la colère de l’énergie et l’adversité de l’audace. On ne joue pas avec la pauvreté. On la combat. Malgré les obstacles, les oppositions et les ennuis, je ne me lasse jamais. Je ne renonce jamais. Je n’abandonne jamais. Je travaille. Beaucoup. Honnêtement. Je tire ma légitimité, ma crédibilité, mon efficacité des résultats que nous avons obtenus et auxquels nul autre ne serait parvenu. D’autres réussites viendront. L’avenir parlera pour Val-de-Reuil.

Communiqué de Marc-Antoine JAMET,

Maire de Val-de-Reuil,

Président de la Commission des finances de la Région Normandie.

7 FEV 2018

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A l’initiative du Préfet de l’Eure, Thierry Coudert, et du DRAC, Jean-Paul Ollivier, se tenait hier soir au Théâtre de l’Arsenal, à Val-de-Reuil, une réunion sur l’avenir de la « culture et de la politique de la ville »

Réunion « Culture et Politique de la Ville »

Discours de M. Marc-Antoine JAMET, Maire de Val-de-Reuil.

Mardi 6 février 2018 – 18h00

Théâtre de l’Arsenal – Val-de-Reuil

 

Notre réunion est la bienvenue malgré la neige qui lui donne ce petit air tchékhovien. Est-ce un effet de mon grand âge, mais son intitulé tient pour moi du faire-part de deuil plus que de la promesse d’une renaissance. Il suffit de prendre les deux termes qui font l’intitulé de cette discussion : la Ville et la Politique.

La Ville ? Je me demande chaque jour davantage si, au temps de l’argent rare, des économies imposées, des coupes et des restrictions, la Ville est encore capable de donner une place à la culture, d’en faire une priorité, de la considérer comme un indicateur et un marqueur d’identité, de crédibilité, de légitimité ou de visibilité. Nous sommes dans un département où on ferme des collèges et où on diminue les crédits de l’action artistique, où le théâtre du chef-lieu depuis des années ne rouvre pas, où la scène nationale, de petit Cadran en grand Forum, joue dans des salles polyvalentes.

Je ne suis pas certain à l’heure de la « start-up nation », alors que professeurs et créateurs ont déserté les mouvements politiques pour laisser la place aux apparatchiks et aux chefs d’entreprise, tandis qu’une communication creuse et agressive règne en maître sur les réseaux sociaux, qu’un discours sur la culture existe lace en politique.

Les cinémas ferment. Les théâtres sont moins nombreux. La lecture recule. Les mécènes financent les expositions davantage que la réunion des musées nationaux. Les ministres ignorent tantôt le nom de Modiano, tantôt ce que doit être le service public de la télévision et de la radio. Quelqu’un, quelqu’un d’ici, connaît-il seulement le nom d’un parlementaire, d’un seul qui se préoccupe de cette question ?

Où est le grand projet ? Où est le grand dessein ? Où est le rêve ? France, mère des armes, des arts et des lois, tout cela est envolé. Les comparaisons sont cruelles tant on a du mal à trouver aujourd’hui l’équivalent de ce qui fût. On pense aux cathédrales édifiées par Malraux à Grenoble, à Bourges, à Saint-Etienne. On revoit Jacques Duhamel prêtant sa canne à Chaplin en clôture du festival de Cannes. On se souvient du travail de Michel Guy pour favoriser la musique et la danse. On songe à ce qu’a fait Jack Ralite à Aubervilliers avec le Théâtre de la Commune. On regrette, pourquoi ne pas le dire, Jack Lang, peut-être pas la fête permanente et tous grands travaux, mais certainement l’amour de l’intelligence et du beau au service d’un souverain qui aimerait les artistes et les livres.

Pardonnez ma mélancolie. Je suis né d’un père critique de théâtre, comme son père, et d’une mère comédienne au théâtre du soleil. La salle, chaque soir de la semaine, la scène le week-end, ont été le décor de mon enfance et de mon adolescence. Cela forge une conviction. La mienne est restée rudimentaire. Pour développer l’esprit critique, pour donner un sens à la citoyenneté, pour combattre la radicalisation, pour donner le goût de l’école, la culture est un rempart et un tremplin.

La présence du service public, qu’il soit éducatif ou culturel, est indispensable à la cohésion sociale, à l’intégration de toutes les populations, au développement du sentiment d’appartenance à une même communauté. La culture est un outil extraordinaire pour favoriser cette émancipation. Elle est encore plus indispensable dans une ville qui n’a que 40 ans. Elle est encore plus essentielle dans une commune qui compte près de 60 nationalités différentes.

La culture, c’est l’outil qui rassemble et qui unifie, c’est notre bagage fondamental contre le repli sur soi et la tentation du communautarisme. C’est ce qui permet de se découvrir et de s’accepter. C’est ce qui apprend à cultiver nos différences sans les redouter ou les appréhender.

Elle est un repère et un combat parce qu’elle permet à une communauté humaine de se reconnaitre en termes de valeurs, de pensées et d’engagements, de langue, de lieu et de vie, de pratiques, de traditions et de croyances, de vivre ensemble, d’imaginaire collectif, d’histoire et de mémoire. Elle est la patrie, elle est la nation, elle est le monde.

Elle évite les anachronismes et permet de rappeler que Louis XIV fût, en même temps, un grand roi et un épouvantable tyran, Napoléon 1er, un homme d’Etat et un boucher, tous les deux fort peu féministes et certainement parfaitement racistes, mais comme l’essentiel de leurs contemporains. Elle guérit des peurs et permet de commémorer Maurras en sachant qu’il fût un fieffé fasciste et d’éditer Céline en connaissant son abjection antisémite plutôt que de les cacher dans un placard.

A Val-de-Reuil, nous sommes partisans des additions et non des soustractions. Ici cohabitent un menhir, les murs pignons de Proweiller, Tomasello ou Cueco, et l’arbre de la liberté de Christian Zimmermann, la Compagnie Nationale de Danse Beau Geste, la Maison de la Poésie en Normandie, Le Théâtre de l’Arsenal, scène désormais conventionnée d’intérêt national grâce au soutien de la DRAC, Marie Nimier Prix Renaudot, le souvenir des tournages de Rohmer et l’ombre des Tréteaux de France.

Cette présence, unique dans notre département, ne suffit pas. Pour que les habitants de nos quartiers franchissent le pas, se rendent dans nos théâtres, inscrivent leurs enfants au conservatoire, s’initient à l’écriture et la lecture de la poésie, pénètrent dans nos salles obscures, il faut multiplier les actions en direction de la population. C’est ce que nous faisons.

En se rendant dans les classes de nos écoles, de nos collèges et de notre lycée, pour aller à la rencontre des élèves. C’est ce que fait notre Théâtre en construisant avec les enseignants des parcours de découverte et d’initiation à ses spectacles, c’est ce que fait notre conservatoire en développant la pratique de la musique et de la danse dès le plus jeune âge, c’est que fait la Factorie en s’associant à des classes de collèges sur des projets pédagogiques de très grande qualité. C’est ce que fait notre Cinéma en proposant, chaque été, à la nuit tombée, 30 soirées de cinéma populaire et engagé après avoir emmené pendant près d’un mois des centaines de jeunes à s’initier au maniement de la caméra. La culture passe par l’école et comme l’école, la réussite de son action, s’établit dans la proximité.

Nous le faisons également en accompagnant l’émergence de nos jeunes talents, grapheurs, slameurs, photographes, danseurs de hip-hop, musiciens ou chanteurs, en leur attribuant des lieux pour se développer, pour élaborer leurs projets, pour se faire connaitre et se mettre en scène comme notre ancien Théâtre des Chalands devenu Maison de la Jeunesse et des Associations ouverte le soir, le dimanche. J’ai entendu que l’Etat était prêt à nous accompagner dans cette démarche et je m’en réjouis.

Nous le faisons aussi en encourageant une culture diffuse qui s’adapte aux différents publics et s’établit hors les murs en soutenant, par exemple, l’initiative étonnante des Bourlingueurs, collectif d’artistes et d’artisans venus de toute la Normandie, qui, le temps d’un week-end, s’approprie l’Ile du Roy, la transforme, l’anime et donne à notre population un peu de leur énergie, de leur confiance et de leurs idées.

Nous le faisons enfin, et nous avons encore à le développer, en multipliant les partenariats et les associations. Je disais que nous avions la chance de compter à Val-de-Reuil sur le réseau d’acteurs culturels le plus riche et le plus dense de notre département. N’hésitons pas à croiser nos initiatives et à les rassembler. Lorsque nous le faisons, nous en voyons les réussites. Lorsque le Théâtre invite le Cinéma pour des Ciné-Débats, cela fonctionne. Lorsque le Conservatoire occupe notre Théâtre pour son Festival des Caméléons, c’est un succès. Lorsque la Compagnie Beau-Geste et l’Ephéméride accompagnent les Bourlingueurs, c’est un triomphe. Développons ces moments de partage. Allons plus loin encore. C’est le souhait que je voulais ce soir formuler.

A Val-de-Reuil, nous avons une exigence. Celle de proposer aux publics l’excellence. J’observe parfois, dans certaines communes, pas très éloignées de l’endroit où nous nous trouvons, une sorte de renoncement. Il faut accumuler les têtes d’affiche, se cantonner à un théâtre qui ne serait que pur divertissement. Je crois que c’est une erreur. Ne renouons pas avec ce qui fut il y a quelques années un échec. Les tournées Karsenty nous en ont montré les limites. Lorsque l’on prend la peine d’investir dans la culture, lorsqu’on construit des ponts entre le public et nos établissements culturels, les bénéfices n’en sont que plus grands. La confiance des partenaires ici présents en est peut-être le témoignage. Cela peut parfois sembler difficile. Cela peut paraitre risqué. Cela peut s’avérer long à porter ses fruits. Mais, lorsque l’on fait confiance aux acteurs culturels, qu’on leur donne les moyens d’exister et de se produire, le résultat est au rendez-vous.

La force des acteurs culturels, la place qu’ils occupent dans la ville, la liberté dont ils bénéficient pour se développer sont des atouts sur lesquels s’appuyer pour se transformer, se moderniser, attirer et se renouveler. C’est une des plus belles cartes à jouer pour accompagner et renforcer la mixité. Etat et collectivités doivent continuer à miser sur la culture lorsqu’ils réfléchissent à la future politique de la ville. S’il y a, ce soir, des exemples à suivre pour en bâtir les futurs fondements, nous serons heureux de les expérimenter.

26 JAN 2018

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La dame de la sécurité sociale

La dame de la sécurité sociale.

par Marc-Antoine JAMET, Maire de Val-de-Reuil

 

Elue de Val-de-Reuil depuis presque vingt ans, Noëlle Boudart nous a quittés. Notre collègue, notre amie, est décédée mercredi 24 janvier, dans la matinée, des suites de la douloureuse maladie qui lui avait été diagnostiquée quelques semaines auparavant. Cruel, le mal l’a emportée très rapidement. Trop rapidement. Elle venait juste d’avoir 69 ans et ne demandait qu’à vivre. Pour être utile. Pour aider les autres. Pour voir grandir les siens.

Noëlle était pour notre équipe une mémoire et une vigie. Des deux dernières décennies de la Ville nouvelle, elle avait connu chacun des instants, surmonté tous les obstacles, participé aux réussites. Dès 2000, elle avait rejoint avec enthousiasme – elle aurait voulu que nous le rappelions – notre liste « Changer la Ville, améliorer la Vie ». Elle était persuadée que Val-de-Reuil, qu’elle aimait et où elle vivait depuis les années quatre-vingts, à deux pas de la route des Sablons, devait évoluer, se transformer ou bien sombrerait. Très attachée à la Cité Contemporaine, elle ne voulait y voir prospérer ni la misère, ni la violence, ni le chaos. Pour les combattre, elle s’était donc engagée à nos côtés. Spontanément. Elle s’était mobilisée. Entièrement.

Prenant naturellement la place qui était sienne, elle s’est alors jetée sans retenue, sans réticence, sans réserve, dans une aventure où tout, diminuer la dette, stopper les impôts, relancer l’investissement, tenir notre rang, ramener la sécurité, paraissait pourtant, à l’époque de ces temps héroïques, incertain et compliqué. Dans cette lutte, sa volonté, sa sincérité et sa loyauté ne se sont jamais démenties. Elle ne voulait pas, en dépit des années, du plaisir qu’elle avait à rejoindre sa fille près d’Avignon, son fils au Proche-Orient, quitter le bateau ou lever le pied. Il lui restait du travail. Elle voulait le faire. Ce n’était pas une occupation, mais une nécessité et une passion. Tout simplement.

Parce qu’on se voyait davantage, parce qu’on parlait plus, parce qu’on partageait des anecdotes, des fous-rires ou des idées, Noëlle aimait bien les campagnes électorales, les meetings politiques, les réunions d’appartement, les distributions de tracts à la gare ou sur le marché, le porte-à-porte, ces rencontres où il faut convaincre en quelques minutes, ces soirées où il faut réunir des centaines de participants, ces moments de fraternité où on se retrouvait, après, fourbus, mais proches et heureux, devant un énième café, autour de la table en bois de la permanence de la rue Grande. Elle appréciait aussi les voyages de jumelages au cours desquels elle représentait notre pays et sa culture à Workington ou à Ritterhude. Nos interlocuteurs demandaient à ce qu’elle revienne plus fréquemment. Elle participait avec un plaisir non dissimulé à ces journées républicaines où, au bureau de vote (qu’elle tenait avec un mélange de fermeté et de sourire), on voit défiler les électeurs qui déposent dans l’urne un bulletin. Elle n’aurait pas manqué une fête, un repars partage ou une manifestation de solidarité. Elle était fière d’appartenir au Parti Socialiste, celui de Jaurès, Blum et Mitterrand, poursuivant une vie professionnelle bien remplie par une vie militante qui ne l’était pas moins. Nous partagions les mêmes valeurs. En me souvenant de nos derniers mots au CHU de Rouen, mots que, obstinément, nous avions voulu légers, gais, amusants, je regrette que ces moments aient été trop brefs.

Mais Noëlle ne nous avait pas rejoints pour regarder passer les trains. Elle comprenait ce qu’était l’action, les sacrifices qu’il fallait faire, les conversations auxquelles il faut renoncer, le temps personnel qui s’amenuise, et, elle-même, souhaitait avoir un rôle moteur. C’est ainsi qu’elle avait accepté de s’occuper de la vie scolaire et de la petite enfance tout au long de notre premier mandat et, depuis 2008, d’avoir en charge l’état-civil afin, pour notre communauté, de veiller à ce que soit tenue, scrupuleusement, la chronique des naissances, des unions et des disparitions. Référente du conseil municipal pour l’école Léon Blum, elle était aimée des élèves et de leurs maîtres. N’était-elle pas la grand-mère aimée de cinq petits enfants ? Ce sentiment ne faiblissait pas au passage des générations et en témoigne la peine des deux directeurs de ce Groupe Scolaire lorsqu’ils ont appris qu’ils ne la verraient plus.

Noëlle était donc une figure importante de notre vie municipale. Mais, au-delà, elle était un repère et un recours pour de nombreux habitants qui venaient lui confier leurs problèmes matériels en Mairie. Dans le cadre institutionnel du CCAS où elle siégeait ou, de manière conviviale, à la volée, au rez-de-chaussée de la Mairie, toujours disponible, elle les écoutait, attentive et bienveillante, mettant tout en oeuvre afin de faire disparaître leur peine, de soulager leurs angoisses, de trouver des solutions. Pendant longtemps, autant, sinon plus que maire-adjointe, elle est restée aux yeux de beaucoup la « dame de la sécurité sociale », celle que l’on va voir quand la maladie, la vieillesse ou la famille préoccupent. Il est vrai que, dans un métier exigeant, elle avait intégré la caisse de l’Eure, en 1978, à Gaillon d’abord, puis à Evreux et à Louviers, enfin à Val-de-Reuil, recevant au fil d’une carrière tournée vers les autres des milliers de normands.

Noëlle était née en Arles, le 12 janvier 1949, et aimait la terre de Provence qui était celle de ses parents, même si – disait-elle – la Normandie lui avait fait perdre son accent. La vie ne lui avait pas toujours été très tendre, mais elle ne se départissait pas pour autant de la bonne humeur qu’elle offrait aux visages qui lui étaient avenants. Du sud, elle avait conservé une élégance agréable et joyeuse dont on remarquait le caractère étudiée en la connaissant. Sur ce point elle aimait les compliments. Elle pensait retourner « un jour » vers Saint-Pons-la-Calme, en Vaucluse, au nord-ouest d’Avignon, dans cette commune où reposent son père, sa mère et sa grand-mère Plagne. Elle parlait du Gard de sa aïeux Plantevin, du soleil et du mistral. C’est là qu’elle va reposer. Sur son cercueil, rappel du dévouement qui a été le sien pour Val-de-Reuil, du temps et de l’énergie qu’elle y a consacrés, ses enfants ont disposé une photo d’elle avec son écharpe devant la Mairie. Elle y tenait. Nous aussi.

 

3 DEC 2017

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Front National contre Fonds Régional, à l’art l’extrême droite continue décidément de préférer le cochon !

 

Front National contre Fonds Régional,

à l’art l’extrême droite continue décidément de préférer le cochon !

Attentif à m’éviter les publicités pour chaussettes et les petites annonces grivoises, le filtre anti-spams de mon ordinateur vient à l’instant de laisser passer une lettre affligeante, consternante, délirante d’un certain Philippe Fouché-Saillenfest, médecin de son état, dont j’apprends du même coup qu’il serait non seulement conseiller régional FN de Normandie, mais aussi administrateur du FRAC de Caen. Ce dernier point est à vérifier puisque notre docteur, à qui Google fait porter une élégante barbichette IIIème République, avoue sans ambages détester l’institution qu’il est censé servir. Son courrier est, en effet, un long cri de désespoir. Siéger dans un aéropage favorable à une création cosmopolite et décadente est une souffrance. Le Président Hervé Morin ayant récemment supprimé les châtiments corporels, ma première réaction a été de m’étonner qu’un collègue d’ordinaire plutôt mutique se soumette à ce masochisme intellectuel auquel nul le contraint. Nous étions un dimanche matin. Je n’allais pas à la messe. J’ai poursuivi la lecture de son courrier. Ne disposant d’aucun appareil de datation au carbone 14, je confesse ignorer la période de la préhistoire au cours de laquelle il fût rédigé. Très certainement avant Lascaux.

Quoi qu’il en soit, je résume son propos : il faudrait que notre « Fonds Régional d’Art Contemporain » n’achète – selon lui – que les œuvres d’artistes français, voire régionaux. Bref, nous devrions en faire un « Front Contemporain d’Art Régional ». A bien y réfléchir, le « temporain » me paraît ici de trop. Le propos tient en un slogan qui a le mérite de la simplicité : « non à la peinture à l’huile, oui à la peinture au beurre (ou à la crème) ! ». Il ne faudrait montrer que ce que nous connaissons déjà, ce qui nous rassure, en fait ce qui nous réduit et nous enferme. Nos intelligences et nos talents hexagonaux seraient si faibles qu’ils ne sauraient se mesurer à la concurrence internationale. Ce n’est pas la première fois que ce prurit nationaliste semble chatouiller l’aimable docteur Knock que le Front National oblige à la fréquentation des muses. Un seul remède au naufrage imminent de l’occident : il faut organiser dare-dare un protectionnisme de la culture, quitte à favoriser celui de la laideur et de la bêtise. Vision étroite d’une planète à l’heure numérique. Vision étroite tout court. Absence de vision en fait.

On ne rappellera pas à notre carabin tricolore, cela afin de lui éviter une attaque d’apoplexie, que Jack Lang, en son temps, décida d’un ensemble de mécanismes et de mesures efficaces (d’achat, de commande, d’éducation, de bourse…) qui visaient à préserver notre exception culturelle et que cela reste une réussite. On ne soulignera pas que le même internationalisme dégénéré vient de permettre au Louvre d’Abu Dhabi, hymne à Watteau, David Manet et Cézanne, de surgir des sables. On n’osera avancer (des gouts et des couleurs !) que Thomas Struth est considéré comme un immense artiste dans le monde entier et qu’on devrait se réjouir, plutôt que s’affliger, que le FRAC de Normandie ait eu les moyens d’acquérir le tirage d’une de ses photos. Je remarque d’ailleurs qu’il est allemand et qu’au Front National on ne détestait pas naguère les peintres du dimanche ressortissants de Germanie à condition, il est vrai, qu’ils portent une petite moustache.

Mais redevenons sérieux. Appliquons-nous les œillères intellectuelles qui entravent le regard de notre bon médecin lepéniste (qui devrait également proposer, s’il était logique, de ne soigner nos maladies nationales que par des médicaments français…). Imaginons que la règle qu’il voudrait voir adoptée en 2017 ait été appliquée depuis quelques siècles. Elle aurait empêché à François 1er de « bêtement » s’enticher d’un certain Léonard de Vinci, épouvantable rastaquouère italien. Elle aurait évité à Marie de Médicis, elle-même étrangère il est vrai, de polluer nos précieuses collections des Rubens d’outre-quiévrain. Elle aurait mis un peu de plomb dans la tête de Louis XIV, ce demi espagnol, et de Napoléon 1er, ce tout juste gaulois qui, à quelques mois près, restait génois, d’encombrer nos cimaises de Raphael, Greco, Botticelli et autres métèques efféminés. Pourquoi n’avons-nous pas reconduit en temps et heure Modigliani, De Kooning, Foujita, Van Gogh, Mondrian, d’autres encore et pas des moindres, à la frontière. Combien de temps, cet artiste sans talent appelé Picasso continuera-t-il aux yeux du monde à passer pour un peintre français ? Le scandale n’avait que trop duré. Heureusement le docteur Fouché le bien nommé était là. Dorénavant on n’achètera plus en Normandie de tableaux que de Nicolas Bay, Louis Aliot et Steve Briois pour les montrer à nos enfants ! Ainsi, grâce à ces esthètes « au front de taureau », les vaches seront-elles bien gardées…

Communiqué de Marc-Antoine JAMET

Président de la commission des finances de la Région Normandie 

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